20.05.2012
farce à face
je suis une folle poreuse
un crustacé sans carapace
un oiseau deplumé
une guerrière à mains nues
une colombe désemparée
deportée par le vent
les tempêtes
qui voudrait partir
à l assaut
du soleil
et qui retombe
calcinée
en poussière de sang
12:21 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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18.05.2012
dream and bloody reality
en amour, finalement, seul compte le délire
je fuis ce qui me met hors de moi
et dans le même tps, j en ai la nostalgie
je recherche l harmonie et elle a vite fait de m ennuyer
j evite les crises... fatiguantes
je rêve de cet être
qui saurait à la fois
me retenir
m enflammer
et m apaiser
quand mon rêve s incarne
je change de rêve
on ne se tue par par amour
pour une femme"
ecrivait PAVESE, avant son suicide
"on se tue parce qu un amour, n importe quel amour, nous révèle
dans notre nudité, dans notre état désarmé, dans notre néant"
10:58 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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les liens...sacrés du m....e
le mariage réussi est celui où les partenaires ont réussi à devenir des amis...
ET QU EST CE QU UN AMI
LA TRAJECTOIRE EST VITE BOUCLEE
on rêvait de tout partager, de conjurer les démons, de donner enfin congé
à la maudite solitude, saulitude
et on se retrouve à deux, à signer un pacte de non agression avec un inconnu
qui n a plus l attrait de l inconnu
ah on peut certes, briser ses chaines, le temps de se reveiller, de s apercevoir que l histoire
n est qu un eternel recommencement et qui si nous sommes esclaves de nos sens
NOUS SOMMES ENCORE PLUS ESCLAVES DU BOURREAU QUE NOTRE INCONSCIENT A CHOISI POUR NOUS
10:36 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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17.05.2012
dupe
non les bras d ORPHEE ne m emmèneront pas où j ai envie d aller
je resterai une EURYDICE morte....
13:31 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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10.05.2012
architechtures pointillées
j aime tes rires et nos pudeurs
j aime tes failles et tes douceurs
j aime ces chemins qui ne nous mènent pas à ROME
j aime nos errances et nos âmes de ROMS
le sud crache son nord qui délire
et tout le visceral s achève dans des rires
sucement obsessionnel d un muscle pour un gouffre
un jour les mots vous entaillent
Vous entraillent
déesse devenue humide et magnetique
comme une forêt de nuit
11:59 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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07.05.2012
le jour où j ai voulu comprendre
sorite des lambris, des salons des ambassades où nous etions régulièrement invités-
mon cher mari etait "le numero un" , le PDG d une boite de transports-
j etais toujours sur ma faim
l afrique vue comme çà ressemblait tant au reste du monde
et un jour, j ai appris qu 'il fallait payer du prix de l'inconfort la rage de decouvrir l autre
j ai plus appris dans les bus cabossés et bringuebalants, sur les routes cahoteuses
dans les hotels hilton fabriqués dans des conteneurs rehabilités
que dans des cars climatisés, en pays balisés
les intuitions vous ramènent des butins sensoriels
forts en rutilation
12:42 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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dechirements
elle me regarde les yeux embués
la larme va couler, perler sur sa joue pèche toute rose
puis le sanglot arrive, liberatoire
t en va pas mamiiiiiie
ma tire est en double file
et moi aussi j ai la larme à l oeil
flash back
l ecole en couleurs
les departs vers le kenya
t en vas pas mamannn
merde, mais c moi qui chiale
09:34 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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06.05.2012
soyons zeureux
mais de quoi bordel???
des faits de société, de l evolution morbide
du mensonge qui nous gouverne
nous avons le choix entre la lucidité tueuse
et la mollassonne tolerance
se rouler dans ce qui reste de nature
et maudire à jamais l homme
qui a grignoté , pourri, merdé à jamais
son habitation
ah si j avais la santé
je monterais là où il n y a plus d hommes
sur les sommets enneigés
dans les seuls et rares ailleurs qui ne sont plus à sa portée cannibale
10:02 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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03.05.2012
no more
j ai digéré l idée, eu le temps de la vomir
il ne reste plus qu un arrière goût aigre dans tout mon être
mon coeur a fini d être monomaniaque
et tout d un coup, mes yeux regardent ailleurs
le mot faim, s ecrit fin
tristesse d une impasse qui fut un jour le boulevard du monde
tristesse des projets avortés
des lenteurs qui ont mené à plus d envie
le feu s est éteint, faute d être alimenté et les braises sont factices comme celle
d une fausse cheminée
11:41 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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01.05.2012
notes de lecture
"nous avons encore et toujours affaire à de tels sombreurs et à de tels culs de sac, me dis je
et je marchais rapidement contre le vent"
thomas BERNHARD, le naufragé
"je ne puis ce soir, je ne peux jamais que me coucher dans ma peau, dans ma sueur inquiète,
et ma nuit , sans adjectif"
Jean CLAUDE PIROTTE, CAVALE
"je m en vais voir ailleurs, si j y suis"
ERIC PIETTE, VOZ
15:07 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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à toi qui vis si loin, un cri dans le silence
je t ecris en pleurant, tu n aurais pas aimé
je t ecris n importe comment, en vrac
je n ai jamais rien lu qui m aie autant secouée
le royaume que tu sors de l ombre et que tu explores si profondément
est d une étonnante poésie
comment t est il possible de plonger si profondément dans la laideur du monde
et les ramifications sans fin de la sensation...
tu confirmes mes croyances que seule la poésie permet de transmettre la vie des regards qui autrement, serait
indescriptible
quelle revelation, quelle aventure illimitée
quel tourbillon
quelle danse vertigineuse sur les tombeau
tes ecrits me font respirer, mon être s agrandit
tu sais donner à la langue toute sa subtilité
mariage d un regard décalé et d un esprit libre jusqu'au total envol
suis bouleversée
12:30 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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29.04.2012
le corps
le corps est un desordre au monde
11:07 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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21.04.2012
chronique de la madelon, dedié à viliiine
d avoir été infirme, hier
me voilà devenue infirmière
je suis un havre, un hotel, un hosto
çà se sait de bruxelles à Puteaux,
c est toujours à ma poire qu on pense
depuis que chuis sortie d'l'enfance
mon palpitant a d enormes artères
on s y balade, comme à Cythère
je prends qui le veut, sous mon aile
JE SUIS LA POTE
L AMIE FIDELE
même quand je tombe à la renverse
sur moi, tous les ennuis se deversent
j offre mes rires, ma table, mon lit
à tous les paumés de la vie
à force de pas savoir hair
je vais devenir hétaire
mais hétaire sans les finances
car moi, c est gratos quand je danse
pas de doûte, je sais rien refuser
je me ferai toujours baiser
ah comme c est doux , on dit qu on m aime
çà m evite de penser à moi mme
un jour, sur ma pierre tombale,
on viendra se payer ma balle
"ci git, la brave, la bonne SUZY
claquée d'une bonne asphyxie"
08:22 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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20.04.2012
ouf je suis ouf
juste envie de souffler
juste envie de prendre le large
qu on me regarde, qu on sache
qui je suis vraiment
tous ceux qui descendent d Israel
NE SONT PAS LES ENFANTS DE DIEU
12:10 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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04.11.2011
le dernier tri
les feuilles roussissent ici, jamais là bas
c etait un beau jour d avril comme l etaient tous les jours qui se succèdaient sans grande surprise
il faisait torride:
c etait la paque juive et encore une fois, je me sentis deracinée
les champs de canne à sucre brillaient sous le plomb fondu d un soleil de fin de journée
une tristesse pourtant me taraudait de l interieur
j etais un bois flotté sur l océan
dans le silence d une voiture et d un couple
que plus rien ne liait
comme pour nous reveiller de nos torpeurs
l irremediable vint en visite
le fracas fut assourdissant
comme l etait le silence qui precedait
seule, une explosion, un eclatement semblait pouvoir m extraire à ce raz de marée apathique, à cette vie sans but transcendant et sans rêve
la maladie, le handicap virent me sauver
derniers refuges de la creativité
mon exil interieur qui m avait enfermée dans un placard à obsessions trouva dans cette dislocation, une desolation suffisante pour ma survie
allez comprendre nos complexités
17:09 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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25.10.2011
le bonheur c etait hier
ce n est pas un scoop : aucune société, aucune culture, aucune civilisation n'a jamais disposé d autant d instruments d identification que la notre
cette triste homogénéisation nous amène à la crise identitaire
et nous voilà, pauvre androide, rejeté dans la solitude, l ennui, la morosité, le dégoût, et toutes ces joyeusetés qui nous mènent à une belle détresse
les cabinets des psychanalystes ecoutent en choeur la complainte des incompris en tous genres, des angoissés, des suicidaires, des insatisfaits, des depressifs et des laissés pour compte
et nous voilà dans des desordres biologiques et psychiques car la maladie est le dernier cri du corps
nous sommes des individus isolés, perdus dans la masse de l explosion universelle
et le plus merveilleux de l histoire c est que le système social belge appelle les gens qui vivent seuls "des isolés"
et oui faut appeler un chat, un chat
17:07 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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eldorado
ils ont cotisé pour te faire partir, pour t extraire de cette prison à l avenir noir et glacé
ils savent que tu ne les oublieras pas , que tu vas t escrimer pour réaliser à distance, leur rêves les plus dingues
toi, MOUSSA, le favorisé qui porte en amulette leur confiance, tu vas t embarquer vers MELILLA
l ESPAGNE avec ses ors, ses jardins, ses orangers, ses lambris, ses patios à ciel ouvert
tu deviendras un prince chez les toubabs , tu ne devras plus t asseoir des heures sous un arbre, voler à la tire ou sniffer de la colle
tu as le coeur qui tangue et les yeux chargés de rêve
tu vas traverser les mers sous une lune bleue, tu vas manger les étoiles
ils t accompagnent dans la nuit noire où tu t embarques à la sauvette vers un rêve
que tu n atteindras jamais
la nuit, la nuit, la nuit, les vomissements
la cale
la haine
les coups
et la derive vers le néant dont tu viens et qui sera ton royaume
à jamais
15:29 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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21.10.2011
NOTRE SIECLE
TOUTES LES CATASTROPHES DU XXEME SIECLE S EXPLIQUERAIENT
SI L ON AdMETTAIT AVEC JAQUES RIGAUT,
QUE DIEU, DEVENANT DE PLUS EN PLUS AIGRI,
IL ENVIE A L HOMME SA MORTALITE
11:43 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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16.10.2011
taedium vitae
la vie est une lutte de tous les instants avec la certitude d être vaincu
Shopenhauer
un JOUR, seul dans sa chambre, on a juste l envie d être lucide et d'aimer le mot fin comme on aime le mot début
quand la vie trompe nos attentes
quand la souffrance vous taraude
quand le naufrage ne fait plus l ombre d un doûte
que la tricherie schizophrène tire sa reverence avec l aube
alors dieu merci, on peut toujours se faufiler dans ce fameux tunnel blanc qui n arrive nulle part
"mourir n est rien, il faut savoir disparaitre.Mourir relève du hasard biologique, et ce n est pas une affaire.
Disparaitre relève d une plus hate necessité. il ne faut pas laisser à la biologie, la maitrise de sa disparition"
BAUDRILLARD
et comme le disait si bien Michel FOUCAULT
"si vous voulez que le nombre de suicides diminue, faites en sorte qu il n y ait plus que des gens qui se tuent par une volonté réfléchie; tranquille , libérée d incertitude. IL ne faut pas abandonner le suicide à des gens malheureux qui risque de le gâcher et d en faire une misère"
12:49 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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09.10.2011
le pouvoir des mots
je viens de finir de lire le pa
quet de feuilles que tu as extrait de ton sac, comme tu sortirais un fromage ou un sauciflard
je suis allongée sur mon pieu, vidée, comme si je venais de m envoyer en l air, membres engourdis et yeux lacs
j ai veritablement joui
toutees mes resistances sont tombe
je suis entrée en fusion avec tes ecrits, une telle fusion qui m 'a faite t'avaler
te prendre en moi
j ai lu
comme on regarde un cyclone se former et qu'à la fin, emportée, on fait corps avec lui
j écris n importe comment, je le veux ainsi
je ne vais pas relire
je veux t ecrire sous le choc de cette musique que tu as imprimée en moi
ce que tu as secoué est comme "une invitation verbale des tissus organiques"
un vertige que je ressens au quotidien mais que tes mots DELIVRENT VRAI
si je t ecris en pleurant c'est que j ai rarement lu de textes qui m'aient tant secouée
ce royaume que tu sors de l ombre, cette prison royaume-devrais je dire_ que tu explores
si profondement et ces ramifications infinies de la sensation...
quel talent VINCENT
tu confirmes mes croyances que seule la poesie permet de transmettre la vie qui autrement est indescriptible
quelle révélation, quelle ouverture illimitée mon Vinc, comme les PROKOFIEV que tu postes, quel tourbillon, quelle danse vertigineuse sur les tombeaux, papillons des tombeaux
tes écrits m ont essouflée et en même temps offert une autre respiration
mon être s agrandit dans cette corrida de l auto derision de notre condition
quelle elegance de vue et comme tu redonnes à la langue toute sa subtilité grinçante
ce mariage sublime d un regard decalé, et d un esprit libre jusqu'à l envol
20:47 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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06.10.2011
LA PROSE DU TRANSSIBERIEN ET LA PETITE JEANNE DE FRANCE HIER AU SENGHOR
le voyage debute par les percussions de PIERRE quiriny, impressionnant d habileté
il nous fait ensemble, le roulis du train, l inquiétude , le coeur battant et la tiedeur des vapeurs d alcool
dans ces brumes vagabondes, PAUL VAN mulder delivre le texte, comme une musique qui fait vibrer les mots, sussurant les alitérations, claquant les rimes chantant presque l heureux enchainement des mots
le comédien s exprime aussi avec son corps, comme avec la poésie et tremble, danse, court, fougueux comme blaise cendrars, insxatiable voyageur
la complicité entre ces deux artistes à partir de cette oeuvre a donné naissance à une oeuvre musicale
choc fusionnel entre rythmes et mots....
15:09 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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22.09.2011
le blog de jakar
l JAKAR
![]() |
|
"L'écriture coince le corps entre la chaise et le lit, elle le cloue sur place afin qu'il ne puisse plus se défendre contre la maladie d'écrire...". Dans ce portrait original du grand écrivain d'origine belge Marcel MOREAU, le réalisateur fait vivre une vaste écriture en solitaire. C'est l'incarnation d'une littérature vécue comme seule et grande nécessité à la vie. Parce que MOREAU se livre totalement dans son oeuvre ; le film interroge prioritairement l'écriture pour mettre l'écrivain en lumière. |
15:17 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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18.09.2011
A LA BORNE DU TOUR DU MONDE
A la borne du tour du monde
De la grand-roue, attachez-moi !
Que le ciel soit ce que Raymonde
Pour Raymond fut : Ammon, chez-moi !
Les toits sont blancs. Couve le givre.
Les loups ont faim. La horde hors
Du bleu de ville au vertige ivre,
Vers les cimes du froid dehors
Emporte des morceaux de rêve
Tendres comme de jeunes daims.
Exsude partout, after-shave !
Sur les trottoirs, cours et jardins !
Ces mans. Ciment. Béton. Bitume.
Bête à bon Dieu, blette, je vois
D'élégants manchots en costume
Fendre de grands pantins de bois.
Un Opinel coupe les tommes.
La croûte frottant le papier
De vers, aiguise des troncs d'hommes
Sur des arêtes de gravier.
L'ossature du vieux manège
Prolonge le bout du ponton
De mes flâneries ; Pourquoi n'ai-je
Pas su attraper le pompon ?
Ma Terre Sainte : Sainte-Hélène !
Ton île était mon jacuzzi.
Dans une mer d'acétylène
Une étincelle aura suffi
A me consumer. Mon Eve entre
Pomme d'Adam, Saule pleureur,
Péniblement frappe à mon ventre
Au poing manchot de l'empereur.
Des casseroles aussi sales
Que les recoins de l'avenir
A ces profondeurs abyssales
Où mijote le souvenir
Je vomis, mon frère alcoolique,
Dans la bile du gigolo
Le vieux dealer mélancolique
Des chiens crevés au fil de l'eau.
17:38 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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14.09.2011
PAROLE DE FEMME
Extraits choisis du roman "parole de femme" d'Annie Leclerc
"... J'envisage, dansant de l'une à l'autre, les fêtes de mon sexe. Fêtes multiples où chacune est entière et n'a cure des autres.
Ni ordre ni hiérarchie entre elles ; toutes privilégiées, irremplaçables. Pas de pente à monter, de sommet à atteindre.
(... )
Et si l'accouchement est le foyer central de mes emportements, et la pierre la plus dure de mon chemin, ce n'est pas que j'en fais la fête par excellence, ou celle à laquelle tendraient toutes les autres, mais c'est que l'accouchement est la fête la plus maudite, la plus persécutée et ravagée, où la répression fasciste de l'homme triomphe dans la torture
( ... )
... Soudain le bébé me flanqua une forte bourrade et je fus prise d'une irrépressible envie de pisser...
Je suis allée m'assoir pesamment sur le siège des toilettes en pensant à autre chose. Ça coulait. Je devais, comme chaque fois depuis un certain temps, fixer rêveusement l'extrémité lointaine de mes cuisses. Les genoux comme de petits rochers bien polis semblaient sortir directement du ventre. Depuis longtemps déjà je ne pouvais plus voir mes cuisses ; le sexe n'en parlons pas. j'avais du mal à penser que ces parties de moi me redeviendraient familières, immédiates.
Alors je devais rester là, sans pensée, les yeux dans le vague pendant que ça coulait toujours. J'ai fini par me dire qu'il y avait quelque chose de bizarre ; ça ne cessait de couler légèrement, continûment, et comme malgré moi, sans poussée musculaire. Et si... Je me suis levée , j'ai regardé. Mon cœur s'est mis à battre très fort ; pas de doute, c'était ça. Ce liquide laiteux qui s'échappait de moi, c'était sûrement les eaux, comme ils disent. J'y ai mis le doigt pour voir ; j'ai pensé au sperme.
( ... )
... Puis je commençais à me tortiller ; ça se bloquait à l'intérieur, ça tirait un bon coup, ça retombait. J'étais vraiment très embarrassée, très perplexe, ça faisait bien quelque chose, mais mal ? Rien de moins sûr. J'ai dit à ma copine, tu crois que c'est ça ? Forcément elle n'en savait pas plus que moi là-dessus, mais à tout hasard elle m'a répondu en se marrant qu'on avait qu'à faire comme si c'était ça, parce qu'au fond, à bien y réfléchir, il y avait quand même des chances pour que ce soit ça. On a sonné l'ordre de départ. je me sentais extraordinairement gaie. je ne dis pas, il y avait peut-être de l'inquiétude derrière mon excitation joyeuse, mais je ne le sentais pas comme ça. Le souvenir que j'ai gardé de ce moment jusqu'à l'arrivée à la clinique est plein de rires.
Dans la voiture, c'est devenu plus net. A trois reprises ça s'est mis à rouler dans les hanches comme une vague, ça a monté, monté, ça s'est mis à tirer, écarteler, un truc à vous couper le souffle, et puis ça redescendait, la vague retombait comme elle était venue. Ma copine me demandait pourquoi je ne faisais pas "snif-snif" (respiration ASD).
A cause des autres, je n'osais pas être à ce que je faisais, et j'avais hâte d'y être. Je faisais seulement oh là là, ben merde alors, en secourant la main droite et en rigolant. J'étais extraordinairement, non pas honteuse, mais gênée de vivre ça devant eux parce que c'est quelque chose qui sort de nos mœurs, les insulte, les transgresse d'une verte insolence.
De tels éclats du corps, de tels triomphes de l'organisme, une telle évidence de la chair emportée, des os tirés, écartés, de sa puissance volcanique, ça ne peut pas se dire en face ; ça va absolument contre tout de dont nous sommes convenus entre nous, l'oubli du corps, son silence et sa discrétion.
Alors j'avais hâte d'être à la clinique, de faire ça toute seule, ou auprès de quelqu'un qui avait l'habitude d'accueillir cet évènement.
A vrai dire, il m'a bien fallu déchanter en arrivant à la clinique. J'imaginais sans doute qu'on allait m'accueillir, sinon avec des cris de joie, au moins avec des sourires de bienvenue. je croyais m'amener avec une bonne nouvelle ; à en croire la mine et l'humeur des infirmières, ça vait plutôt l'air d'en être une mauvaise, de nouvelle. Non seulement je me permettais d'arriver plus tôt que prévu (il paraît que d'autres s'étaient aussi permis de faire de sale coup, et ça manquait de chambres), mais encore je débarquais au milieu de la nuit, ce qui n'était guère poli.
Compte tenu de l'accueil qui m'était réservé dans une clinique tout ce qu'il y a de bien, j'ai pu me faire une idée de ce que ça devait êtrepour les malheureuses débarquant à l'hôpital, et dont l'humeur n'était pas aussi nécessairement joviale.
Quelles que soient les garanties d'hygiène et de sécurité apportées par l'hôpital, ou la clinique, l'accouchement pratiqué en série est ramené à la dimension de l'extraction dentaire, étant entendu qu'une femme qui accouche n'est MÊME PAS malade, et qu'on lui fait une sorte de faveur en l'acceptant dans ces lieux réservés à d'autres. Le mépris, la déconsidération de cet évènement qui représente pour la femme le moment d'une épreuve extrême et cruciale de la vie, n'est autre que le mépris de la femme en général. Pas étonnant qu'elles continuent à vivre ça dans la douleur alors que ça devrait, que ça pourrait être vécu dans le bonheur. "Dites-vous que vous faites caca, allez-y, faites caca, vous faites caca...", me criait la sage-femme au moment de l'expulsion, croyant sans doute m'aider de cette façon et me donner de l'inspiration. Je n'ai rien contre le fait de faire caca, mais tout de même c'est pas ça que j'étais en train de faire. Elle m'aurait dit, allez-y, vous faites un enfant, que ça aurait marché aussi bien...
On m'a dit de me déshabiller, et je me suis fait une première fois engueuler parce que je portais une culotte et qu'il n'en fallait pas, ou l'inverse, je ne sais plus. Je me suis allongée sur la table de travail, et pendant que j'écartais les jambes comme on me le demandait, j'ai entendu qu'on m’apostrophait pour la deuxième fois de l'extrémité de la pièce. Vous n'avez pas de robe de chambre ? Non, je réponds, on m'en apportera une, s'il faut. Soupir excédé.
Et c'est tout ce que vous avez apporté pour vous et le bébé ? Je réponds, ben oui. Cette fois, soupir accablé, désespéré. Et pourtant dans la petite valise écossaise que j'ai achetée exprès, j'ai mis tout ce qu'il y avait d'écrit sur la liste qu'on m'avait donnée. Je devais comprendre plus tard, en voyant les dentelles et les délicats froufrous des autres bébés, que j'étais une mère bien imprévoyante.
La sage-femme répète en se baladant dans la salle, "détendez-vous, détendez-vous, tout se passera très bien", alors qu'elle ne m'a pas encore jeté un regard, ni même serré la main. Moi qui n'étais pas le moins du monde tendu, je sens que ça pourrait bien me venir. Enfin elle s'approche de moi. C'est pour me raser les poils du pubis avec une brutalité experte et indifférente. Elle m'examine, et dit que j'ai fait du bon boulot déjà, en me flattant la cuisse d'une petite claque d'encouragement.
Bon boulot peut-être, mais moi j'ai eu vraiment à ce moment le sentiment qu'on me cassait le travail, qu'on m'abîmait tout, qu'on me rabaissait à moins que rien. Heureusement très vite mon corps s'est imposé de nouveau, oubliant, rejetant dans la fange irréelle ces empêcheurs de tourner en rond. Pour la sage-femme, c'était peut-être le 492e accouchement auquel elle assistait. Moi, c'était le mien, le premier, mort, naissance, emportement. La vie. Extraordinaire aventure que je voulais sans réserve.
Il y avait le moment étrange où tout s'apaisait, où mon corps se déliait de toutes parts, s'étendait immobile, recueilli dans le silence comme un lac au crépuscule. Et j'attendais, religieuse, les yeux clos, la montée de la prochaine vague qui allait me soulever. hauteur insoupçonnée, vertige ; ce qui commence à naître en moi est une sorte d'effroi sacré, de nudité grande comme le ciel.
J'ai oublié les autres. J'ai oublié les jambes en l'air, écartées, le sexe chauve, à l'air et dilaté, comme l'amour triomphant oublie la décence.
Et de nouveau mon corps se concentre, se resserre. Cela s'insinue, semble-t-il, par les cuisses. je prends mon souffle, je halète, et voilà que ça monte, ça ouvre, ça se répand, ça presse tandis que craquent les limites de mon corps. Une porte de bronze s'entrouvre en grinçant sur une sorte de nuit immense, jamais vue.
Au début, dans le choc de l'étonnement, me viennent des mots, plus que des images, qui cognent dans ma gorge avec mon souffle haché, labyrinthe, inquisition, schismatique, et toujours, avec cette bizarre idée, raide comme une lame fichée dans le ciel, au goût d'un noir triomphe : "ils ne m'auront pas". Qui "ils" ? Avoir quoi de moi ? La réflexion que j'ai pu faire depuis ne m'a pas appris grand chose là-dessus. Ils ne m'auraient pas, c'est tout, et je le savais dans la plus brûlante, la plus merveilleuse certitude. je "leur" avais échappé. Je leur échappais.
Au fur et à mesure que cela s'intensifiait je perdais, alos que le conscience, elle, allait se dilatant, toute conscience de moi, de ma vie. je perdais peur à peur tout ce qui antérieurement me faisait dire "moi", limites, temporalité, séparation. J'accédais à l'éblouissante conscience de la vie brute, la vie une et seule à travers toutes les formes fragiles, assaillies puis rejetées, la vie dépassante, folle, irrespectueuse de toute permanence, fondamentale, ivre...
J'ai perdu les mots mêmes qui me choquaient la tête. Je suis devenue immense, tentaculaire.
Plus vaste que la mer.
Plus vide que le ciel.
15:38 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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06.09.2011
duende
Le « duende » est un mot espagnol intraduisible en langue française. Il témoigne de l’indiscible rencontré dans des moments de grâce de l’art flamenco. Sa mystérieuse signification semble indiquer, au delà des divergences culturelles, une facette de notre expérience habituellement passée sous silence.
Après avoir approché par différentes « touches » ce que désigne le duende, nous utiliserons le vocabulaire de Merleau-Ponty pour décrire la structure générale d’expérience qui s’y dévoile comme expérience originaire de rencontre corporelle avec le monde. Puis nous reviendrons à des interrogations sur la rencontre psychothérapeutique comme expérience comparable, en certains points, à l’expérience artistique du duende.
ON EMPLOIE AUSSI LE MOT EMBRUJO
qui veut dire litteralement ensorcellement
13:11 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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02.09.2011
A VAL OUI AVALE
LE CORPS,CE DESORDRE AU MONDE....
DESORDRE ALIMENTAIRE
AMOUR
REFUS
RETENSION
FAIM FIN
AU 19 ET 20 EME SIECLES
EN SE DECHRISTIANISANT
ET EN OSANT SE MONTRER NU
LE CORPS S EST INDIVIDUALISE
LE CORPS VECU
BOULEVERSANT ET VRAI
ET PUIS CES OEUVRES EN RESINE
NOUS APPELANT DANS NOTRE PROPRE CORPS
IDEAL PERVERS
DES CORPS MEDIATISES
LE CORPS ON NE PEUT LE MAITRISER
alors
IL ENTRE EN VIOLENCe
ON A POURTANT TENTE DE LE SEQUESTRER
MAIS L AME EST LA
ET NOTRE HISTOIRE EST IMPRIMEE
DANS NOS TISSUS
ALORS QUAND LE CORPS NOUS ECHAPPE
IL DEVIENT DETRESSE
LE CORPS EST UNE ILE DESERTE
10:43 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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01.09.2011
paradis perdu....
CASABLANCA
L ECOLE DU CENTRE
cette porte en fer forgé noir, coliques
odeur de mon cartable de cuir, poids inhumain sur mon dos
uniforme tablier noir qui nous faisait ressembler à des corbeaux en attente
et en consolation, effluves d amandes douces de la colle laiteuse
encriers de ceramique et odeur âcre de l encre
porte plume, cahiers que je n ai jamais réussi à tenir propres
gomme traitresse supposée nous aider et qui ruinait la feuille d un trou
fatidique
pleins , déliés, pleins, déliés....
voix de crecelle de MME GRAVA qui s echinait à nous torturer
pour mieux se sentir exister
tour du préau affublée du bonnet d'âne
merveilleux goût de paradis perdu.....
comment aurais je pu t oublier ?
quarante ans plus tard, en visite à CASABLANCA,
je musardais et j 'ai vu une porte en fer forgé noir
comme on en voit beaucoup là bas
j ai dit à ma soeur, qui me tenait pas le bras
" C EST LA PORTE DE L ECOLE DU CENTRE"
elle m a repondu
"TU RËVES"
j ai ressenti le même mal au bide
et en rentrant chez ma cousine
je me suis tout de même renseignée
j ai confiance dans la mémoire du corps
reponse
L'Ecole du centre n existe plus, mais c est bien la porte......
10:27 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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29.08.2011
android
vous les dociles
les soumis
vous qui ne souhaitez que mimétisme
et immobilité
vous nés et morts dans la servitude volontaire
vous les moutons de panurge
individualités mutilées
cohorte de conformistes
vous les simulacres
les ombres
vous qui vivez dans les tenebres
de notre triste siecle
avec pour faux ami
le satané progrès
peut etre vous reveillerez vous
un jour
pour assister, impuissants
à l enterrement de vos instincts
18:57 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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20.08.2011
INSPIRE PAR DIAMANDA GALAS
PAS UNE SEULE PHOTO D ELLE PETITE FILLE
ELLE NE SAIT PAS A QUOI ELLE RESSEMBLAIT
TOUT CE QU ON LUI A DIT
C EST QU ELLE ETAIT UN ACCIDENT
ELLE A PORTE SON HISTOIRE
EN MARGE INDECISES
JUSQU A L ARRIVEE DE SA NUIT
HUIT MAI OUI MAIS COMME ON DIT ICI
IL EST DES MARQUES QUE RIEN N APAISE
ALORS ON CREE SANS ARRET
DES ECHECS DESIRES
PAR LE SATANE INCONSCIENT
ON S ARRACHE LA PEAU
LAMBEAu PAR LAMBEAU
CHERCHANT LA VERITE
DANS LES CONTRADICTIONS
OBSESSION D ETRE AIMEE
IL Y A LA CHAIR DES MOTS
A TOUS CHEMINS INACHEVES
PERDUS DANS LE SILENCE
LES LASSITUDES
RENDUES A L ESPOIR
PROVOQUER POUR OBTENIR
CE QU ON CONNAIT LE MIEUX
LA MALTRAITANCE ET L ABUS
CETTE IMPRESSION DE DEJA VU
QU IMPLORE UN RITUEL
DE MORT
AVEC UNE NAUFRAGEE
DANS SA VAGUE
COMME AUTANT DE LEVRES
OUVERTES
BELLES REVEES SANS VOIX
16:46 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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CHIMERE BLEUE
"Corps violent et redoutable,
Viens-tu pour détourner le sens de mes appels ?
Viens-tu pour affirmer l'énigme et la sertir en moi ?
Qu'es-tu sinon la mort changée en ouverture ?"
René Char
16:29 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note |
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