06/04/2013

school

bruits de pas

que je n oublie pas

portes grinçantes

silence gluant

 

cartable qui s ouvre

en permanence

cartable inadapté

celui de ta soeur

toi rien ne s adaptes à toi

c toi qui t adaptes à tout

 

tu en as gardé

cette façon de ne jamais rien t offrir

 

tablier trop large

tu rases les murs

tu es seule

tu as honte

honte de n être pas belle

comme les autres

 

le préau

apprentissage du rejet

 

l arbre accueillant

sous lequel tu te refugies

pour manger ton sandwich

en observant

la ronde infernale des autres

 

ça joue au ballon, ça rie, ça crie, ça tournoie

tu es là, statique

sous l arbre statique

 

alors jaillissent des mots

derobés à ta chair

qui se multiplient

qui deviennentn eau pour la mer

glèbe pour la terre

 

tu ecris sur un mur invisible

tu ecris

tu ecris

tu ecris

11:11 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/04/2013

corps accord

c est curieux ce besoin irrepressible que j ai de caresser mon corps

comme pour m assurer qu il existe en corps

comme pour m assurer que cette partie materielle de mon être, par opposition au 21 grs est là et bien là

 

j ai l impression que mon histoire s est imprimée dans mes tissus

et ma appris à accepter mes limites et à trouver à l interieur des potentiels insoupçonnés

mon corps, ce héros, a échappé à bien des horreurs

 

et mon esprit s est mis à grandir quand son vehicule devenait etriqué

 

 

alors mon pauvre corps, tout meurtri, tout abimé est devenu un trait d union

à l autre

 

un ambassadeur de mon être dont je suis de plus en plus fière

21:46 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/03/2013

alterité

j en ai plus que marre du politiquement correct...

de cette manière presqu'integriste  qu ont les intellos de ne pas admettre les religions

 

je m empresse de dire que je suis laique, parce qu être juive à plein temps me fatigue

par contre, merci papa et maman, on m a appris à respecter tout le monde

l 'expression "athéisme religieux" quoique surprenante n est pas un oxymore, la religion ne se limite pas au théisme

 

le sentiment religieux ne depend pas de la croyance en UN OU DES DIEUX

deux notions le caractérisent : l idée que la vie humaine a une importance et un sens

et le fait que la nature soit un objet d emerveillement

 

aujourd hui on n arrête pas de parler de vide en forme de dieu

on en oublierait le defi auquel nous sommes confrontés

il ne s agit pas tant de mesurer cette béance que d essayer de la remplir

 

ATHEES S IL VOUS PLAIT

APPRENEZ A RECONNAITRE CE  QU IL Y A DE BEAU

D EMOUVANT ET DE SAGE ET SAUVEGARDEZ LE

ce qu il y a de bon dans la foi appartient à toute l humanité, même aux plus rationnels d entre nous-ne leur en déplaise-et mérite d etre selectivement réinvesti par les plus feroces ennemis du surnaturel

 

les religions sont parfois des constuctions trop utiles, trop efficaces ou trop intelligentes pour être confiées aux seules relgieux

 

respectons nous les uns , les autres

 

06:19 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/03/2013

dead

vous les demeurés, les soumis

vous qui ne souhaitez que par mimétisme

et immobilité

vous qui consentez à la servitude volontaire

vous les moutons de panurge

les individualités mutilées

les cohortes de conformistes

vous les simulacres

 

ne voyez vous pas que vous êtes déjà morts

07:19 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/03/2013

feuillets de corde et temps de glace: le tps qui reste

il est quatre heures du matin

elle le sent, elle ne va pas se rendormir

 

c est le printemps dans ce satané pays, il a encore neigé..

hier soir , elle a mal tiré les occultants , ainsi,  elle peut encore  apercevoir, par l interstice, un petit bout de ciel de nuit, livide, où se detache le squelette d un arbre nu, comme un presage..

 

elle enfonce sa tête dans l oreiller de plumes, relève ses couvertures et caresse automatiquement son corps nu, lui aussi comme cet arbre qui refuse de bourgeonner en ce faux printemps, son corps enfoncé définitivement dans un  hiver létal

 

la peau est encore tannée par le soleil des iles et douce, son corps , elle le connait parfaitement, c est un sac de coutures

elle le connait si l on peut dire, sous toutes ses coutures

le ventre est un peu replet et doux, elle arrive au pubis qu elle a voulu glabre, le caresse doucement jusqu' à la béance qui libère des arômes celestes, enivrants de vie

elle jette un autre coup d oeil dehors où se remettent à tomber des flocons anesthesiants de volupté sur ses blessures qui ne se refermeront jamais

bientôt des pluies de l au delà du monde, des pluies venimeuses viendront ruisseler à travers un azur dément sur l étendue malade de son esprit

 

le medecin lui a affirmé : "un mois, maximum"...

lle sait, donc.

 

elle continue de se parcourir doucement sous  la chaleur bienfaisante de son édredon

 

le temps qui reste, elle va l occuper à transformer ce mécanisme branlant en sensations divines, en fulgurances

 

demain elle appellera M, il ne saura rien de son drame

il continuera à l aimer, à la célébrer , à transformer ce corps de douleur en mane de plaisir

 

alors, elle oubliera, elle l aimera aussi comme on aime un alchimiste, elle aimera aussi ce corps à l histoire impitoyable

elle se dira, pour se rassurer que DIEU existe,  qu il y a des ailleurs plus cléments

pensera tout bas "DIEU je ne dis pas que tu n es pas, je dis juste que je ne suis plus"

le denouement sentira la chair à plein nez

il sentira la fête, la celebration rayonnante de la complémentarité entre le souffle ultime de la chair et la respiration haletante de la pensée

 

un jour, un jour à la fois

 

laissez moi la resurrection de la chair, l esprit se libère à l approche de l inéluctable

 

le temps qu il me reste

je veux l arracher definitivement au vertus rassurantes de la raison, mourir folle comme j ai vecu

le temps qu il me reste se comptera en caresses, en tango des peaux

 

elle pense à deux phrases si similaires et si opposées

"je compte les jours"

"mes jours sont comptés"

 

elle sourit

 

le jour se lève

 

 

 

 

 

 

 

 

08:33 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/03/2013

à tous ceux qui

ont vecu dans les ténèbres de la non reconnaissance

tous ceux dont la flambloyance secrète

n a menée que vers des paradis artificiels

loin de l humanité et de ses faux progrès

 

 

 

à tous ceux qui ont dû

ravaler la sève de leur talent

jamais reconnu

dans des turpitudes chroniques

et irreversibles

 

à tous ceux dont le sens

palpite dans les grandes profondeurs

et dont l art n a jamais pu être un viatique

 

 

à tous ceux qui ont dû

se jeter de la hauteur de leur abime

dans des traversées du desert

 

à tous ces hommes mortels

qui ont grandi

de n avoir jamais pu être à la hauteur

 

 

je dis que je me pose des questions sur le succès

et le faux enrichissement qu il apporte à l homme

 

on apprend bien plus des traversées du desert

l humanité ne se construit pas dans un cinq etoiles

06:53 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

13/11/2012

mais voir un ami...

il y a eu notre première rencontre

tu m as lorgnée impitoyablement, au dessus de tes petites lunettes de stakhanoviste

et j ai su , au premier regard , que nous allions vivre quelque chose d inclassable

t avais l air d un animal blessé

la lumière semblait trop intense pour toi car je crois que tu la voyais au travers des souterrains du sommeil

 

et puis , nous avons decidé de changer d endroit

le café versailles avait ses limites

ta demarche ressemblait à une fuite interminable

tu semblais vaciller, perdu dans un abime de grisaille

 

tu m as appris le goût de la chimay bleue

ton visage accidenté ressemblait à une toundra

tu parlais, tu riais, tu buvais, tout etait dans la démesure

 

il faudra comprendre la leçon du chagrin

qu un geste suffit à écarter

il faudra comprendre le corps qui s eteint comme muni d un réostat

 

il faudra comprendre le frisson

que nous mettons chaque jour de coté

sans savoir s il annonce

ou abrège le souffle d autres vies

 

Il faudra réapprendre à aimer st gilles

 

 

22:46 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08/11/2012

just before

tu nous attends, de pied pas tout à fait ferme

dans cette petite maison blanche

impersonnelle mais  totalement adaptée à l inconfort physique

 

je regarde ton visage

je le reconnais de moins en moins

tant il est bouffi

la demarche devient mecanique

et bizarre

tu me fais penser à un playmobile

qui ne veut rien perdre de sa superbe

 

hier toutes tes forces restantes

ont servi à m engueuler

à me donner une leçon de vie

ironie bizarre de la fin

 

 

B.

s endort dans le fauteuil

comme un chat près du poêle

je vous regarde

et me sens infiniment seule

infiniment triste

un nuage de vie qui passe

dans un ciel sombre

 

je vais finir par hair la chimay bleue

 

 

 

 

 

 

 

11:03 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/11/2012

sois sage ô ma ...

partout , il y a la douleur

persistante comme une pluie d automne

comme la litanie des morts

 

dans mes rêves, dans mes artères

dans l humidité des saisons

dans chacune de mes pensées

chacune de mes sensations

 

partout, il y a cette vrille

mouvement qui me precede

va et vient perpetuel

entre le monde et moi

et qui repousse les limites

de ma resistance

 

mon sismographe fonctionne

24h sur 24

et de secousse en secousse

je me lézarde un peu plus

17:53 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

habitante du désert

JE NE SUIS PAS PEULE

MAIS BIEN ISSUE DU PEUPLE PEREGRIN

JUIVE MAROCAINE

j ai navigué, à cloche coeur, d exode en exode :

PARIS CHAOS d un mois de mai

BRUXELLES LA XENOPHOBE qui ma vue me teindre en blonde

NARIOBI

DANS CE TERRIBLE KENYA

traversé de part en part par une immense cassure-cicatrice : LA VALLEE DU RIFT

j ai pris forme, lorsque, bizarrement mon corps s est brisé

comme la terre qui le portait

et que toutes mes voix se sont libérées en une sorte de CRI ULTIME

le cri sourd que l on pousse quand la camarde vous appelle

et qu on trouve bizarrement un sens à sa vie

 

le MAROC etait bien loin avec ses enfant juifs, arabes et catholique tous réunis à la marelle

dans les rues ensoleillées

mon existence s est rappelée à moi dans l eclat d une déchirure

ainsi devenue tas de chairs , à peine articulée, j ai commencé à ecouter mes rebellions intestines

j ai appris à me faire attentive à l autre, à considerer la mère, la femme, la fille que j etais

 

j ai sondé la nature violente de mes passions, de mes errances, réexaminé mes choix dans cette chambre sterile d hopital kenyan

 

je suis donc née bien tard , dans le tumulte de la douleur, dans l atmosphère lourde d un corps qui ne VEUT PAS CEDER

 

aujourd hui je laisse un espace de parole à toutes mes voix, à toutes ces femmes qui me constituent

09:51 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

14/10/2012

je suis une multinalionanostalgique

j ai mué, changé de peau, comme un reptile, en arrivant ici

le cheveu noir corbeau me singularisait, alors je suis devenue blonde.... en reniement, en décalcomanie, en transparence caméléonne

 

mais ce soir, en sortant de ce cinéma de quartier où j ai vu "GUSTO", j ai vibré comme un violon marocain

le film est simple et très émouvant : un groupe de musiciens juifs et arabes racontent leur histoire musicale et la guerre d ALGERIE qui les a separés. Sur la fin de leur vie, une jeune réalisatrice a eu la riche idée de les réunir pour leurs derniers concerts en france.

juifs et arabes en un mot : sémites avec des religions très semblables et surtout une même musique andalouse ayant rythmé toute une epoque et réuni ces hommes pendant toutes leurs fêtes dans les chants "chaabi" que nous connaissons tous, nous qui sommes magrébins

le houd, le khanoun, la flûte, le kamanza, la derbouka, le piano et tous ces instruments qui ont bercé ma jeunesse avec leur cortège d odeurs de mechoui, de miel degoulinant, de musc et de jasmin

tout cela m est revenu en ecoutant ces hommes vieillisants mûs par l amour de la musique, par la passion de la kahla

je me suis souvenue que nous parlions français, arabe et espagnol, mais surtout que nous parlions le même langage, celui de la fête

FARIDA et moi avons passé ensemble notre jeunesse nous souciant  de nos religions comme d une cerise

nos grandmères cuisinaient les mêmes petits plats épicés et nous étions élevées dans la même chaleur, le même esprit d hospitalité où le mot "marhaba"(bienvenue) voulait dire quelque chose; nous avions le même terreau culturel andalou

 

et ce soir , en sortant du cinéma, j ai eu la très triste impression d être porteuse d une culture finissante et je me suis demandé pour la nième fois, pourquoi nous ne pouvions plus vivre ensemble

pourquoi nous n avons pu rester à l ecart de la "civilisation"

fini le temps qui s arrête là où commencent les autoroutes

on peut changer la couleur de ses cheveux, mais l âme reste andalouse en profondeur

je me suis souvenue aussi de nos grandmères si semblables qui portaient le foulard traditionnel, ce foulard n existait pas pour souligner la difference, mais juste pour le respect des traditions

la musique nous a réunis quand les rois catholiques ont brûlé nos livres et nous ont boutés hors d espagne et ce soir, je suis là, avec un espagnol

selon l orchestre cette musique -la même_ s appelait judéo espagnole ou arabo andalouse, soit bonnet blanc, blanc bonnet

bon voilà moi je suis une multinationale et je vous quitte pour aller voter

 

12:16 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

30/09/2012

chronique d une fin annoncée

Samedi soir, la veille de l'accident, nous avons reçu des amis
Ce soir là tu t'es levé de ton fauteuil de conférencier plus lourdement que de coutume, tu as réajusté tes lunettes de stakhanoviste dans la poche gauche de ton veston et remis en place ton carnet d'adresses dans la poche gauche, tu as passé dans ta barbe une main préalablement laquée et tu m'as vaguement  cherchée du regard-j'étais dans la cuisine-alors comme à ton habitude tu as embrayé sur une discussion politique -question de plomber l'atmosphère-  je suis revenue, triste de ce scenario répétitif que- je- t'avais- demandé-- maintes- fois- d'éviter -
j'ai glissé des heures sur des fragments de phrases, les gestes sémaphoriques de tes bras m'ont aidée : ils ponctuaient ta pensée: ainsi malgré la chaleur, malgré les plats refroidis, tu as diffusé, étalé , propagé la connaissance sur nos têtes insondables comme un couteau beurré sur une belle tartine
 . Point de durée pour ceux qui n'écoutent que leur ennui. J'ai réussi à capter ton attention en faisant un grand geste désordonné
"ma femme a horreur que je parle politique pendant les diners"
J'ai attrapé tes mots au vol, fais un sourire contrit. Toi tu t'es dandiné avec l'air hébété des boxeurs qui recoivent un coup dans l'estomac devant la blonde sulfureuse à ta droite. J'ai ramassé les cadavres de bouteilles de vin- je ne bois pas- même un extra lucide n'aurait pu détecter  dans ma voix interieure la celebre note hystérique de la femme jalouse

Je te surveillais de la fenêtre de la cuisine, tu reservais de la boisson avec ton amabilité sur commande, ton hypocrisie mondaine

alors, j'ai longé le mur et suis allée m'allonger dans la chambre à coucher.....


Demain dimanche, plus que nous deux et le néant

21:00 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/09/2012

lit 17

je n ose pas m engager dans cette chambre

 

 

 

je ne veux pas croire que tu sois devenu juste 'le lit 17"

toi, qui m as tant appris

toi, avec qui j ai tant partagé...

 

l infirmière me précède, et insiste pour que je rentre

puis elle s eclipse

nous sommes encore trois

 

toi , la chienne et moi

la chienne rôde

tu es tout fragile dans ce lit

ton minois je peux le tenir dans une main

on ne voit plus que tes yeux, démesurés

dans ce squelette tendu de peau

 

tu souris en me voyant

un rictus entre surprise et souffrance

il y a un journal deplié sur ton ventre

 

 

je me sens indecente

je rentre dans plus qu une intimité

et toi,

tu restes noble

tu demandes de mes nouvelles

 

alors je caresse ton bras

famélique

à la peau tendre comme

du beurre

 

je me sens inadequate

je depose dans ton frigo

des crèmes au chocolat

je te le dis furtivement

 

et tu me reponds

evanescent que tu vas essayer

de les manger

 

je caresse ta main bleuie

tu essaies de me parler

mais tu es si faible

alors je te dis que je t aime

tu me reponds là, avec un vrai sourire

""je sais"

nous sommes vrais, sans artifices

aucun

 

je te regarde

je te dis que tu es beau

oui je pense que tu l'es

vraiment

beau comme un paysage

qu on voit passer dans un train

et qui devient juste un trait

 

je me souviens de ce gnou

tout seul

du vol de predateurs qui tournaient

en rond

au dessus de sa tête

dans la plaine du masai mara

 

le guide nous a dit

il va mourir

les vautours  attendent

 

ainsi sommes nous

éphémères et vaniteux

jusqu'à la bêtise

 

ainsi sommes nous

habillés de nos oripeaux de chair

ainsi sommes nous

beaux

quand nous sommes arrivés

à destination

que nous lâchons prise

et que nos âmes prennent leur place,

que l emballage n est rien

 

je te regarde

pars sur la pointe des pieds

c est si intense

que partie de ce triste hopital

, tu me poursuis encore dans les rues

 

 

 

 

 

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16/09/2012

stay there

mais qui es tu donc toi

qui te promènes, silencieux

à l aube

dans le brouillard épais de mon âme

 

illusion de l amour

amour de l illusion

 

qui es tu donc

toi qui refuses obstinément

de vieillir

 

qui es tu

qui t accroches

et construis sur un passé

jauni

toi, entravé qui ne voleras plus

 

qui es tu

pour n avoir compris

que nos idéaux

sont des murs de papier

 

qui es tu

qui fuis le tangible

pour te noyer

dans les eclats scintillants

de l inaccessible

 

ne te reveille pas

reste, dors, dans le silence

le monde est laid

le monde est réel

R E E L

 

 

 

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15/09/2012

l aube au pays du sourire

je vais les revoir marcher pieds nus dans leur robe safrane

je vais les revoir reclamer leur pitance offerte dans un geste déférent

 

et puis ma rue se remplira de marchands ambulants

de barbecues roulants

de commerçants affairés qui avalent  leur soupe à la hâte

 

il y aura le marché et sa pestilance

les vieilles aux silhouettes d enfant

emballées dans leur sarong

avec leur visage tanné au soleil

leurs rides reptiliennes

leur sourire édenté

 

il y aura la bousculade dans les betaillères

où on vous regarde de travers parce que vous êtes farang

et donc que vous prenez plus de place que les thais

 

il y aura les bruits de la rue

les chiens errants qui mangent avidemment les donations

faites à bouddha

 

il y aura les gamines à peine pubères

main dans la main avec les vieillards de chez nous

et qui espèrent qu elles finiront princesses quelque part

en europe , parce qu en Europe, tout est tellement plus beau

que les gens sont infiniment riches

mais en attendant il faudra trainer "papa" dans un des nombreux magasins chinois

qui vendent de l or clinquant pour que la famille soit fière et puisse le revendre

 

il y aura les vitrines des magasins fraichement ouverts

et benis par les moines

qui y auront dessiné des messages celestes

porte bonheur

 

il y aura le soleil plombé

la temperature couveuse

lenifiante où l on rêve de se mettre

à la fraiche

sous un ventilateur

il y aura les fruits gorgés de soleil qu on vous débite

pour quelques bahts

 

et tous les soucis du quotidien

vont fondre comme neige au soleil

pour laisser place à la douceur de vivre

de ne rien faire

de se rouler dans le sable

 

Et parce que rien n est jamais parfait

il y aura le manque... des gens que j aime

 

18:36 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

12/09/2012

passage de l oiseau noir

je crie

je hurle

je pleure

et dans les descentes, je me laisse aller

 

je suis poursuivie

par l odeur âpre et acre

d un mot lourd de sens

mais infiniment léger

en lettres

 

 

ecrire "mort"

et rire après

00:49 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/09/2012

DIGNE

DIGNE

le souffle court

le corps marbrifié, bleui

petrifié

DIGNE

les lèvres desséchées

par la bombe H

DIGNE

tu parles de culture

de beauté

la voix n y est plus

elle s est perdue

accrochée

comme un soleil gelé

dans la nuit

DIGNE

avec ce regard etincelant

d intelligence

dans l inertie d une machine

qui ne fonctionne plus

DIGNE

DIGNE

ET LA LUNE EFFRAYANTE REGARDE

COMME UN VIEUX FOSSOYEUR

REGARDE UN NOUVEAU NE

 

 

11:35 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/09/2012

OUBLI

nous sommes l oubli

nous sommes impasse

nous sommes objets

foulés de mepris

de mains lourdes

chacun dans sa cage

promis au silence

nous sommes voyages

mais jamais port

nous sommes le vent

 

 

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04/09/2012

librerrance

je n aime pas le mot libraire, je lui préfère celui de librerrance

qui donne au principe de jouissance de la lecture un goût d infini...

 

j ai grandi en grande partie, chez ma tante, entre les livres qui furent mes amis invisibles

pendant les siestes infinies de ma tantine, les pages piquées de ses bouquins  et les trésors qu ils recellaient

 m offraient des univers où je penetrais comme une voleuse et que je squattais avec bonheur

 

je les feuilletais, commençais pas lire la fin

et quand j aimais alors j y penetrais de plain pied

je me souviens de l importance qu avaient les titres, je regardais les tranches dans l espoir de sentir un appel

 

"le livre c est l âme de celui qui l a écrit et de ceux qui l ont lu, ont vécu et rêvé avec lui.

chaque fois qu un livre change de mains, promène son regard sur ses pages, son esprit grandit et se renforce"

 

le merveilleux des librerrances ou librairies comme "cent papiers", c est la possibilité de s y attarder, de boire un verre, de discuter, et d aller explorer derrière chaque couverture de livre tandis qu'au delà de ces richesses , s ouvre le monde, la vie d un quartier, le reste du monde satisfait de n avoir pas à regarder plus loin que son nombril

 

tandis que vous, vous êtes là dans toute cette richesse à decouvrir...

 

 

 

 

10:00 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/09/2012

LA RENTREE

LA PORTE NOIRE EN FER FORGE DE L ECOLE DU CENTRE

A CASABLANCA

VIENT DE S OUVRIR DANS UN GRINCEMENT LIBERTICIDE

COMME LA GUEULE SANS PITIE D UN CROCODILE AFFAME

 

J AI 7 ANS

JE TREMBLE DANS MON PETIT TABLIER BLEU

MON CARTABLE PUE LE CUIR

PUE LA PRISON

J AI PEUR

J AI MAL AU VENTRE

 

JE CHERCHE PARTOUT DES YEUX

UN VISAGE AMI

J AI TOUJOURS ETE UNE SOLITAIRE

LES AUTRES SONT EN GROUPE

MOI JE SUIS LA

DANS MON COIN

 

JE VAIS SUIVRE LE FLOT

LA VAGUE QUI VA SE BRISER

SUR LE TRISTE ESCALIER

VERS LES CLASSES

 

JE SENS CETTE ODEUR D ENCRE

PEU RASSURANTE

JE ME DEMANDE CE QUE JE FAIS LA

 

COLIQUES

NAUSEES

COLIQUES

 

LA CLOCHE SONNE

COMME UN COUPERET

JE HAIS L ECOLE

 

 

13:48 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/09/2012

trois flammes, trois prières, trois filles

la flamme ressemble à l âme
de l homme : elle ressemble à la rose
le plus haute de la roseraie
au coqueliquot qui domine
l herbe rase d un champ
au minaret dans le matin bleu
parmi les palmes

06:45 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

31/08/2012

hate

tu viens de reveiller la part sombre qui dormait au fond de moi

je regarde mes mains

je ne les avais jamais vues que caressantes

et là, j ai envie de te tordre le cou

toi qui joues avec le precieux

toi qui l as trompée honteusement

en lui disant que tu n aimais qu elle

toi qui lui as menti honteusement

toi qui as osé impunément faire des tâches indelébiles

sur un diamant brut

toi la trahison

faite homme

tu as fait  naitre en moi la haine

toi qui à titre posthume

continue de la manipuler

j espère que la vie

saura te donner une leçon

on ne tire pas à boulets rouges

sur la nudité

13:23 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/08/2012

VW

soleil noyé

naufrage de grands oiseaux silencieux

nos voix gonflées de deuils lourds

 

nos voix trafiquent

le vent des sanglots

se désenlacent mal criées

 

le sang fige ton exil

tant de visages nous separent

à devenir toute chose

 

une femme ecrit sur un homme

un poeme

qui n est que rêve

 

les lassitudes se rendent

à l espoir

 

La nuit enragée tremble

nue

et tu t élèves à la pointe

de l eternité

le silence a sa poussiere

15:42 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/08/2012

bof

parce qu ils se veulent humanistes

ou qu ils croient au paradis

certains d entre nous endossent le costume de st michel

et essaient de combattre ce lucifer de nos trefonds

 

mais que sommes nous

sinon humains, trop humains selon la formule nietschéenne

 

nous emballons nos saloperies dans des paquets cadeaux

et nous voilà seulement capables de partager le superflu, mais bien sur il faut que cela se sache

une jeune fille l a  bien compris qui mendie sur fb pour son père aujourd hui

18:31 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/08/2012

AOUT

dans une telle fournaise

une telle immobilité

avec pour toute ombre

la noirceur du destin,

les dessins de nos existences

ressemblent à une équation

d insectes

août s est infecté tel une blessure

ouverte

et les cigales intarissables

ressemblent au poète

quand s achève le poème

pas un souffle.....

La mouche qui enlaidit tout

soigneusement

s est posée sur ton sexe

et mange ta liqueur

passe

le marchand de glaces

midi tombe

à mes pieds

tête coupée

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23/08/2012

TON CAHIER VERT

voilà, tu l as oublié chez moi : bel acte manqué

désormais, nous voilà en plus liés par les motmaux

toi, avec ta fascination du pire, cet étonnant pouvoir des motsmaux

toi, toujours en total contrepied, tantôt vif et drôle

tantôt cynique et grinçant

 

toi, qui n aS plus qu une aile

l autre est mongole pas fière, prête à l explosion

 

toi qui baiseS  les motsmaux

toi, qui n aS  pas l encre sympathique

toi, ma flambée qui me chercheS  pour calmer ta brûlure, comme un baume apaisant

 

Toi, assis sous les derniers rayons de soleil qui t enveloppent de lumière,  pas très loin des entrailles de ce palais sordide où tu ne reveilleras pas blanche neige endormie sur sa bible

 

toi, dont le bookleg visionnaire me fait vomir tant il est annonciateur

toi, enfin qui ne t epargneS rien, qui flirteS avec la camarde de bistro en bistro

toi, qui expectoreS  des calembours ou des mots savants pour epater les ménagères

toi, qui aS cultivé  l art de te  bazooker avant la maladie rongeuse, le crabes aux pinces noires à nous bouffer l interieur

 

toi, synonyme de gordon, dans un appel obscur des ténèbres, ta peur paienne de la mort se double d un appel urgent

 

TROUble desespérance, qui réduite dans le temps ne te permettra pas de baiser toutes les femmes qui t aiment

 

toi frère siamois à vie d une certaine marialagrecque

 

je  t aime

22:21 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/08/2012

RAGA musique sacrée de l inde

la pierre de toûche de la musique hindoue est constituée par les ragas ou échelles musicales fixes

les 6 ragas de base se subdivisent en 126 raginis (épouses)

et putras (fils)

chaque raga compend un minimum de 5 n otes : une fondamentale, vadi (ou roi)

une secondaire , samavadi (premier ministre)

des notes accessoires, canuvadi (serviteurs)

et une dissonnante , vivadi ( ennemi)

 

C EST AMUSANT LES NOMS DE CES NOTES POUR NOUS

OCCIDENTAUX

chacune de ces 6 ragas fondamentales ONT DES CORRESPONDANCES AVEC CERTAINS JOURS OU CERTAINES

SAISONS ou avec UNE DIVINITE TUTELLAIRE dispensant un pouvoir determiné

 

ainsi :

hinole raga

NE S ENTEND QU A L AUBE

AU PRINTEMPS

POUR EVEILLER LE SENTIMENT DE L AMOUR UNIVERSEL

 

 

dipaka raga

EST ELLE UNE MELODIE DES SOIRS D ETE

EVEILLANT LA COMPASSION

 

megha raga

RESONNE A MIDI

PAR TEMPS PLUVIEUX

INSPIRANT LE COURAGE

 

 

Bhairava raga

EST TRANQUILLITE

 

Sri raga

EST RESERVEE AUX SOIRS D AUTOMNE

POUR ATTEINDRE L AMOUR

 

Malkouma raga

S ENTEND A MINUIT

EN HIVER

ET REND VALEUREUX

 

Les rishis de l antiquité ont decouvert ces lois d accord entre la musique et l homme

 

Comme la nature est une objectivation de l AUM, premier son vibratoire du verbe

l homme ainsi parvient à prendre sous son contrôle, toutes les manifestations par l emploi de certains mantrams

 

des documents historiques nous relatent ainsi, les remarquables pouvoirs de MUYAM TANSEN, qui, en chantant fit se repandre les ténèbres

 

 

 

09:43 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08/08/2012

le violon de mon oncle

l autre jour, en allant à la cave

je me suis aperçue , car c est lui que j allais rechercher

que le violon de mon oncle avait disparu....


le violon de mon oncle,

c etait plus qu un violon=

c etait sa mémoire;

son signe distinctif...


quand nous allions visiter mon oncle et ma tante

à charleroi

nous ne sommes jamais repartis

sans avoir préalablement

demandé à mon oncle de nous jouer

un morceau

oui, je sais, ce n etait pas très gentil

de se moquer ainsi d un vieil homme

mais rien de malveillant car nous l adorions tous



mon oncle sortait, avec moultes precautions

le violon d un étui tapissé de feutrine rouge

la première fois qu il nous a fait son numéro, nous nous sommes

tous pris à croire qu il etait un virtuose


 il se mettait sur un pied, on n a jamais compris pourquoi;

ecartait ses narines qu il avait déjà plus larges que la moyenne

jusqu'à ce que son appendice nasal

ressemble à celui d un nasique

et en écarqillant ses petits yeux

protégés par des binocles en cul de bouteille

attaquait et là je pèse mes mots,

un morceau de son choix, toujours le même

que nous avions toutes les peines du monde à reconnaitre

sans l intervention salvatrice de ma tantine


mon oncle massacrait les notes

et son attitude ne tardait jamais

à nous  agiter de fous rires que nous essayions

de reprimer jusqu'aux limites de l etouffement


voler cet instrument

quel sacrilège

ce n etait pas un instrument

c etait une boite à rires

une attraction durant les dimanches pluvieux

après les repas inmangeables de ma tante

ce violon c etait une torture de plus mais un délice aussi

il resonnait comme une crecelle

mais nous l aimions tous tellement



voilà que des ladres,

des vilains

s en sont emparés

sans vergogne

pour  le vendre

dans je ne sais quel marché aux puces

vendre ainsi l histoire des dimanches d une famille

quelle honte


tonton, si tu les vois

fais les donc trébucher dans la fange

écarte tes narines

enlève tes binocles

fous leur la trouille

avec ton accent carolo à couper à la tronçonneuse

tu sais celle que tu imitais si bien avec ton violon


qu ils soient maudits







15:18 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/08/2012

libertad lejana

solo por ti
CHAVELA
chavela
un soir dans un de ces troqués
à la mode de la ville
j ai entendu
ta voix rauque, caverneuse
qui charriait des torrents boueux
d alcool et de rebellion

j etais dans un spleen
et tu m as parlé
si fort , si violemment
que je me suis levée
pour demander
qui chantait

il y avait dans le genie
de ta voix
une ivresse de libération
de soi
une force tellurique

au debut
j ai pensé que c etait une voix d homme
qui trainait toute une insubordination
au monde
l unicité de cette voix m a poursuivie
je t ai ecoutée, réécoutée
et chaque fois tu m as donné
les mêmes frissons
je sentais chez toi une morale
tellement vidée de son puritanisme
une telle revolte contre
la decomposition du noyau
vital de l être
tu m as emportée
dans le vertiges
de tes profondeurs

CHAVELA
tu es partie hier
tu n etais plus jeune, il est vrai
mais tu n avais pas d âge
parce que tu n avais pas peur
d etre toi
d être homosexuelle
d être differente
tu ne dosais rien
CHAVELA
tu étais le mexique
coloré et fou
demesuré et excessif

CHAVELA
tu as reveillé l homme
qui est en moi
et je t en remercie
tu ne t es jamais égarée
ou gaspillée
dans la vie factice
tu n es entrée dans aucun courant
tu n avais pas besoin de singer

je suis en deuil de TOI

19:59 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/08/2012

LETTRE OUVERTE A CEUX QUI.....

ma vie à moi, et j insiste bien, à MOI, relève bien trop de l anormalité pour que je puisse la garder dans le cloisonnement (et là je sais, j ai totalement tort), ou dans les règles sociétales

ma vie est en somme  est  une bénédiction assez tardive qui s est longuement forgée tantôt dans l enfer des passions, tantôt à travers des coincidences propices d une volonté de fer et d un allumage totalement baroque de tous mes sens... j aurais pu mourir quelques fois, mais je me suis ravisée, j avais encore bien des choses à découvrir, des sexualités à explorer, des pays inconnus à visiter

l évènement  vie alors devient une fulgurance qui se met à durer

 

que tous les conservateurs, les ignorants systématiques se bouchent les oreilles ou n ecoutent pas ce qu on leur offre sur un plateau.....

SI VOUS ETES BALISES CONTRE L AVENTURE

ne comptez pas sur moi pour votre voyeurisme à la mord moi le noeud

si je veux parler de ce qui a jalonné ma vie, de mes folies, de mes meurtrissures, de ce que je fais de mon corps

JE M OCTROYE SEULE LE DROIT DE LE FAIRE

 

je n ai pas besoin que vos conversations s alimentent de ragots qui ne concernent en fait que ma vie privée;

je vous en ai parlé, ma belle enfant , l abcès est percé, mais la fougue de vos 28 ans est l excuse qui vous fait oublier les limites

quant à vous , Monsieur le sexagénaire, souffrez que je vous dise que je n ai pas à alimenter des conversations de fin de soirée

et que si l on vous parle de moi, de choses que vous ignoriez, il est de votre devoir de dire à l outrecuidante de se taire car cela ne vous regarde en rien

 

voilà tout est dit, en peu de mots, qui me pesaient largement sur la poitrine, je vais pouvoir aller dans mes plumes en paix avec moi même

22:55 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |