| concours

04.11.2011

le dernier tri

les feuilles roussissent ici, jamais là bas

c etait un beau jour d avril comme l etaient tous les jours qui se succèdaient sans grande surprise

il faisait torride:

c etait la paque juive et encore une fois, je me sentis deracinée

 

les champs de canne à sucre brillaient sous le plomb fondu d un soleil de fin de journée

 

une tristesse pourtant me taraudait de l interieur

j etais un bois flotté sur l océan

dans le silence d une voiture et d un couple

que plus rien ne liait

 

 

comme pour nous reveiller de nos torpeurs

 

l irremediable  vint en visite

 

le fracas fut assourdissant

comme l etait le silence qui precedait

 

seule, une explosion, un eclatement semblait pouvoir m extraire à ce raz de marée apathique, à cette vie sans but transcendant et sans rêve

 

la maladie, le handicap virent me sauver

derniers refuges de la creativité

 

mon exil interieur qui m avait enfermée dans un placard à obsessions trouva dans cette dislocation, une desolation suffisante pour ma survie

 

allez comprendre nos complexités

 

 

 

 

 

 

 

25.10.2011

le bonheur c etait hier

ce n est pas un scoop : aucune société, aucune culture, aucune civilisation n'a jamais disposé d autant d instruments d identification que la notre

cette triste homogénéisation nous amène à la crise identitaire

et nous voilà, pauvre androide, rejeté dans la solitude, l ennui, la morosité, le dégoût, et toutes ces joyeusetés qui nous mènent à une belle détresse

 

les cabinets des psychanalystes ecoutent en choeur la complainte des incompris en tous genres, des angoissés, des suicidaires, des insatisfaits, des depressifs et des laissés pour compte

 

et nous voilà dans des desordres biologiques et psychiques car la maladie est le dernier cri du corps

 

nous sommes des individus isolés, perdus dans la masse de l explosion universelle

 

et le plus merveilleux de l histoire c  est que le système social belge appelle les gens qui vivent seuls  "des isolés"

et oui faut appeler un chat, un chat

eldorado

ils ont cotisé pour te faire partir, pour t extraire de cette prison à l avenir noir et glacé

 

ils savent que tu ne les oublieras pas , que tu vas t escrimer pour réaliser à distance, leur rêves les plus dingues

 

toi, MOUSSA, le favorisé qui porte en amulette leur confiance, tu vas t embarquer vers  MELILLA

l ESPAGNE avec ses ors, ses jardins, ses orangers, ses lambris, ses patios à ciel ouvert

 

tu deviendras un prince chez les toubabs , tu ne devras plus t asseoir des heures sous un arbre, voler à la tire ou sniffer de la colle

tu as le coeur qui tangue et les yeux  chargés de rêve

tu vas traverser les mers sous une lune bleue, tu vas manger les étoiles

ils t accompagnent dans la nuit noire où tu t embarques à la sauvette vers un rêve

que tu n atteindras jamais

la nuit, la nuit, la nuit, les vomissements

la cale

la haine

les coups

et la derive vers le néant dont tu viens et qui sera ton royaume

à jamais

 

 

 

 

 

21.10.2011

NOTRE SIECLE

TOUTES LES CATASTROPHES DU XXEME SIECLE S EXPLIQUERAIENT

SI L ON AdMETTAIT AVEC JAQUES RIGAUT,

QUE DIEU, DEVENANT DE PLUS EN PLUS AIGRI,

IL ENVIE A L HOMME SA MORTALITE

 

 

16.10.2011

taedium vitae

la vie est une lutte de tous les instants avec la certitude d être vaincu

Shopenhauer

 

un JOUR, seul dans sa chambre, on a juste l envie d être lucide et d'aimer le mot fin comme on aime le  mot début

quand la vie trompe nos attentes

quand la souffrance vous taraude

quand le naufrage ne fait plus l ombre d un doûte

que la tricherie schizophrène tire sa reverence avec l aube

 

alors  dieu merci, on peut toujours se faufiler dans ce fameux tunnel blanc qui n arrive nulle part

"mourir n est rien, il faut savoir disparaitre.Mourir relève du hasard biologique, et ce n est pas une affaire.

Disparaitre relève d une plus hate necessité. il ne faut pas laisser à la biologie, la maitrise de sa disparition"

BAUDRILLARD

et comme le disait si bien Michel FOUCAULT

"si vous voulez que le nombre de suicides diminue, faites en sorte qu il n y ait plus que des gens qui se tuent par une volonté réfléchie; tranquille , libérée d incertitude. IL ne faut pas abandonner le suicide à des gens malheureux qui risque de le gâcher et d en faire une misère"

09.10.2011

le pouvoir des mots

je viens de finir de lire le pa

quet de feuilles que tu as extrait de ton sac, comme tu sortirais un fromage ou un sauciflard

 

je suis allongée sur mon pieu, vidée, comme si je venais de m envoyer en l air, membres engourdis et yeux lacs

 

j ai veritablement joui

 

toutees mes resistances sont tombe

je suis  entrée en fusion avec tes ecrits, une telle fusion qui m 'a faite t'avaler

te prendre en moi

 

j ai lu

comme on regarde un cyclone se former et qu'à la fin, emportée, on fait corps avec lui

 

j écris n importe comment, je le veux ainsi

 

je ne vais pas relire

 

je veux t ecrire sous le choc de cette musique que tu as imprimée en moi

 

ce que tu as secoué est comme "une invitation verbale des tissus organiques"

un vertige que je ressens au quotidien mais que tes mots  DELIVRENT VRAI

 

si je t ecris en pleurant c'est que j ai rarement  lu de textes qui m'aient tant secouée

ce royaume que tu sors de l ombre, cette prison royaume-devrais je dire_ que tu explores

si profondement et ces ramifications infinies de la sensation...

 

quel talent VINCENT

 

tu confirmes mes croyances que seule la poesie permet de transmettre la vie qui autrement est indescriptible

 

quelle révélation, quelle ouverture illimitée mon Vinc, comme les PROKOFIEV que tu postes, quel tourbillon, quelle danse vertigineuse sur les tombeaux, papillons des tombeaux

 

tes écrits m ont essouflée et en même temps offert une autre respiration

mon être s agrandit dans cette corrida de l auto derision de notre condition

 

quelle elegance de vue et comme tu redonnes à la langue toute sa subtilité grinçante

 

ce mariage sublime d un regard decalé, et d un esprit libre jusqu'à l envol

 

06.10.2011

LA PROSE DU TRANSSIBERIEN ET LA PETITE JEANNE DE FRANCE HIER AU SENGHOR

 

le voyage debute par les percussions de PIERRE quiriny, impressionnant d habileté

 

il nous fait ensemble, le roulis du train, l inquiétude , le coeur battant et la tiedeur des vapeurs d alcool

 

dans ces brumes vagabondes, PAUL VAN mulder delivre le texte, comme une musique qui fait vibrer les mots, sussurant les alitérations, claquant les rimes chantant presque l heureux enchainement des mots

le comédien s exprime aussi avec son corps, comme avec la poésie et tremble, danse, court, fougueux comme blaise cendrars, insxatiable voyageur

 

la complicité entre ces deux artistes à partir de cette oeuvre a donné naissance à une oeuvre musicale

choc fusionnel entre rythmes et mots....

22.09.2011

le blog de jakar

l JAKAR


Picture

"L'écriture coince le corps entre la chaise et le lit, elle le cloue sur place afin qu'il ne puisse plus se défendre contre la maladie d'écrire...". Dans ce portrait original du grand écrivain d'origine belge Marcel MOREAU, le réalisateur fait vivre une vaste écriture en solitaire. C'est l'incarnation d'une littérature vécue comme seule et grande nécessité à la vie. Parce que MOREAU se livre totalement dans son oeuvre ; le film interroge prioritairement l'écriture pour mettre l'écrivain en lumière.

18.09.2011

A LA BORNE DU TOUR DU MONDE

A la borne du tour du monde
De la grand-roue, attachez-moi !
Que le ciel soit ce que Raymonde
Pour Raymond fut : Ammon, chez-moi !

Les toits sont blancs. Couve le givre.
Les loups ont faim. La horde hors
Du bleu de ville au vertige ivre,
Vers les cimes du froid dehors

Emporte des morceaux de rêve
Tendres comme de jeunes daims.
Exsude partout, after-shave !
Sur les trottoirs, cours et jardins !


Ces mans. Ciment. Béton. Bitume.
Bête à bon Dieu, blette, je vois
D'élégants manchots en costume
Fendre de grands pantins de bois.

Un Opinel coupe les tommes.
La croûte frottant le papier
De vers, aiguise des troncs d'hommes
Sur des arêtes de gravier.

L'ossature du vieux manège
Prolonge le bout du ponton
De mes flâneries ; Pourquoi n'ai-je
Pas su attraper le pompon ?

Ma Terre Sainte : Sainte-Hélène !
Ton île était mon jacuzzi.
Dans une mer d'acétylène
Une étincelle aura suffi

A me consumer. Mon Eve entre
Pomme d'Adam, Saule pleureur,
Péniblement frappe à mon ventre
Au poing manchot de l'empereur.

Des casseroles aussi sales
Que les recoins de l'avenir
A ces profondeurs abyssales
Où mijote le souvenir

Je vomis, mon frère alcoolique,
Dans la bile du gigolo
Le vieux dealer mélancolique
Des chiens crevés au fil de l'eau.

14.09.2011

PAROLE DE FEMME

 

Extraits choisis du roman "parole de femme" d'Annie Leclerc


"... J'envisage, dansant de l'une à l'autre, les fêtes de mon sexe. Fêtes multiples où chacune est entière et n'a cure des autres.
Ni ordre ni hiérarchie entre elles ; toutes privilégiées, irremplaçables. Pas de pente à monter, de sommet à atteindre.

 (... )


Et si l'accouchement est le foyer central de mes emportements, et la pierre la plus dure de mon chemin, ce n'est pas que j'en fais la fête par excellence, ou celle à laquelle tendraient toutes les autres, mais c'est que l'accouchement est la fête la plus maudite, la plus persécutée et ravagée, où la répression fasciste de l'homme triomphe dans la torture

( ... )


... Soudain le bébé me flanqua une forte bourrade et je fus prise d'une irrépressible envie de pisser...

Je suis allée m'assoir pesamment sur le siège des toilettes en pensant à autre chose. Ça coulait. Je devais, comme chaque fois depuis un certain temps, fixer rêveusement l'extrémité lointaine de mes cuisses. Les genoux comme de petits rochers bien polis semblaient sortir directement du ventre. Depuis longtemps déjà je ne pouvais plus voir mes cuisses ; le sexe n'en parlons pas. j'avais du mal à penser que ces parties de moi me redeviendraient familières, immédiates.

Alors je devais rester là, sans pensée, les yeux dans le vague pendant que ça coulait toujours. J'ai fini par me dire qu'il y avait quelque chose de bizarre ; ça ne cessait de couler légèrement, continûment, et comme malgré moi, sans poussée musculaire. Et si... Je me suis levée , j'ai regardé. Mon cœur s'est mis à battre très fort ; pas de doute, c'était ça. Ce liquide laiteux qui s'échappait de moi, c'était sûrement les eaux, comme ils disent. J'y ai mis le doigt pour voir ; j'ai pensé au sperme.

( ... )


... Puis je commençais à me tortiller ; ça se bloquait à l'intérieur, ça tirait un bon coup, ça retombait. J'étais vraiment très embarrassée, très perplexe, ça faisait bien quelque chose, mais mal ? Rien de moins sûr. J'ai dit à ma copine, tu crois que c'est ça ? Forcément elle n'en savait pas plus que moi là-dessus, mais à tout hasard elle m'a répondu en se marrant qu'on avait qu'à faire comme si c'était ça, parce qu'au fond, à bien y réfléchir, il y avait quand même des chances pour que ce soit ça. On a sonné l'ordre de départ. je me sentais extraordinairement gaie. je ne dis pas, il y avait peut-être de l'inquiétude derrière mon excitation joyeuse, mais je ne le sentais pas comme ça. Le souvenir que j'ai gardé de ce moment jusqu'à l'arrivée à la clinique est plein de rires.

Dans la voiture, c'est devenu plus net. A trois reprises ça s'est mis à rouler dans les hanches comme une vague, ça a monté, monté, ça s'est mis à tirer, écarteler, un truc à vous couper le souffle, et puis ça redescendait, la vague retombait comme elle était venue. Ma copine me demandait pourquoi je ne faisais pas "snif-snif" (respiration ASD).

A cause des autres, je n'osais pas être à ce que je faisais, et j'avais hâte d'y être. Je faisais seulement oh là là, ben merde alors, en secourant la main droite et en rigolant. J'étais extraordinairement, non pas honteuse, mais gênée de vivre ça devant eux parce que c'est quelque chose qui sort de nos mœurs, les insulte, les transgresse d'une verte insolence.

De tels éclats du corps, de tels triomphes de l'organisme, une telle évidence de la chair emportée, des os tirés, écartés, de sa puissance volcanique, ça ne peut pas se dire en face ; ça va absolument contre tout de dont nous sommes convenus entre nous, l'oubli du corps, son silence et sa discrétion.

Alors j'avais hâte d'être à la clinique, de faire ça toute seule, ou auprès de quelqu'un qui avait l'habitude d'accueillir cet évènement.

A vrai dire, il m'a bien fallu déchanter en arrivant à la clinique. J'imaginais sans doute qu'on allait m'accueillir, sinon avec des cris de joie, au moins avec des sourires de bienvenue. je croyais m'amener avec une bonne nouvelle ; à en croire la mine et l'humeur des infirmières, ça vait plutôt l'air d'en être une mauvaise, de nouvelle. Non seulement je me permettais d'arriver plus tôt que prévu (il paraît que d'autres s'étaient aussi permis de faire de sale coup, et ça manquait de chambres), mais encore je débarquais au milieu de la nuit, ce qui n'était guère poli.

Compte tenu de l'accueil qui m'était réservé dans une clinique tout ce qu'il y a de bien, j'ai pu me faire une idée de ce que ça devait êtrepour les malheureuses débarquant à l'hôpital, et dont l'humeur n'était pas aussi nécessairement joviale.

Quelles que soient les garanties d'hygiène et de sécurité apportées par l'hôpital, ou la clinique, l'accouchement pratiqué en série est ramené à la dimension de l'extraction dentaire, étant entendu qu'une femme qui accouche n'est MÊME PAS malade, et qu'on lui fait une sorte de faveur en l'acceptant dans ces lieux réservés à d'autres. Le mépris, la déconsidération de cet évènement qui représente pour la femme le moment d'une épreuve extrême et cruciale de la vie, n'est autre que le mépris de la femme en général. Pas étonnant qu'elles continuent à vivre ça dans la douleur alors que ça devrait, que ça pourrait être vécu dans le bonheur. "Dites-vous que vous faites caca, allez-y, faites caca, vous faites caca...", me criait la sage-femme au moment de l'expulsion, croyant sans doute m'aider de cette façon et me donner de l'inspiration. Je n'ai rien contre le fait de faire caca, mais tout de même c'est pas ça que j'étais en train de faire. Elle m'aurait dit, allez-y, vous faites un enfant, que ça aurait marché aussi bien...

On m'a dit de me déshabiller, et je me suis fait une première fois engueuler parce que je portais une culotte et qu'il n'en fallait pas, ou l'inverse, je ne sais plus. Je me suis allongée sur la table de travail, et pendant que j'écartais les jambes comme on me le demandait, j'ai entendu qu'on m’apostrophait pour la deuxième fois de l'extrémité de la pièce. Vous n'avez pas de robe de chambre ? Non, je réponds, on m'en apportera une, s'il faut. Soupir excédé.

Et c'est tout ce que vous avez apporté pour vous et le bébé ? Je réponds, ben oui. Cette fois, soupir accablé, désespéré. Et pourtant dans la petite valise écossaise que j'ai achetée exprès, j'ai mis tout ce qu'il y avait d'écrit sur la liste qu'on m'avait donnée. Je devais comprendre plus tard, en voyant les dentelles et les délicats froufrous des autres bébés, que j'étais une mère bien imprévoyante.

La sage-femme répète en se baladant dans la salle, "détendez-vous, détendez-vous, tout se passera très bien", alors qu'elle ne m'a pas encore jeté un regard, ni même serré la main. Moi qui n'étais pas le moins du monde tendu, je sens que ça pourrait bien me venir. Enfin elle s'approche de moi. C'est pour me raser les poils du pubis avec une brutalité experte et indifférente. Elle m'examine, et dit que j'ai fait du bon boulot déjà, en me flattant la cuisse d'une petite claque d'encouragement.

Bon boulot peut-être, mais moi j'ai eu vraiment à ce moment le sentiment qu'on me cassait le travail, qu'on m'abîmait tout, qu'on me rabaissait à moins que rien. Heureusement très vite mon corps s'est imposé de nouveau, oubliant, rejetant dans la fange irréelle ces empêcheurs de tourner en rond. Pour la sage-femme, c'était peut-être le 492e accouchement auquel elle assistait. Moi, c'était le mien, le premier, mort, naissance, emportement. La vie. Extraordinaire aventure que je voulais sans réserve.

Il y avait le moment étrange où tout s'apaisait, où mon corps se déliait de toutes parts, s'étendait immobile, recueilli dans le silence comme un lac au crépuscule. Et j'attendais, religieuse, les yeux clos, la montée de la prochaine vague qui allait me soulever. hauteur insoupçonnée, vertige ; ce qui commence à naître en moi est une sorte d'effroi sacré, de nudité grande comme le ciel.

J'ai oublié les autres. J'ai oublié les jambes en l'air, écartées, le sexe chauve, à l'air et dilaté, comme l'amour triomphant oublie la décence.

Et de nouveau mon corps se concentre, se resserre. Cela s'insinue, semble-t-il, par les cuisses. je prends mon souffle, je halète, et voilà que ça monte, ça ouvre, ça se répand, ça presse tandis que craquent les limites de mon corps. Une porte de bronze s'entrouvre en grinçant sur une sorte de nuit immense, jamais vue.

Au début, dans le choc de l'étonnement, me viennent des mots, plus que des images, qui cognent dans ma gorge avec mon souffle haché, labyrinthe, inquisition, schismatique, et toujours, avec cette bizarre idée, raide comme une lame fichée dans le ciel, au goût d'un noir triomphe : "ils ne m'auront pas". Qui "ils" ? Avoir quoi de moi ? La réflexion que j'ai pu faire depuis ne m'a pas appris grand chose là-dessus. Ils ne m'auraient pas, c'est tout, et je le savais dans la plus brûlante, la plus merveilleuse certitude. je "leur" avais échappé. Je leur échappais.

Au fur et à mesure que cela s'intensifiait je perdais, alos que le conscience, elle, allait se dilatant, toute conscience de moi, de ma vie. je perdais peur à peur tout ce qui antérieurement me faisait dire "moi", limites, temporalité, séparation. J'accédais à l'éblouissante conscience de la vie brute, la vie une et seule à travers toutes les formes fragiles, assaillies puis rejetées, la vie dépassante, folle, irrespectueuse de toute permanence, fondamentale, ivre...

J'ai perdu les mots mêmes qui me choquaient la tête. Je suis devenue immense, tentaculaire.

Plus vaste que la mer.

Plus vide que le ciel.

06.09.2011

duende

Le « duende » est un mot espagnol intraduisible en langue française. Il témoigne de l’indiscible rencontré dans des moments de grâce de l’art flamenco. Sa mystérieuse signification semble indiquer, au delà des divergences culturelles, une facette de notre expérience habituellement passée sous silence.
Après avoir approché par différentes « touches » ce que désigne le duende, nous utiliserons le vocabulaire de Merleau-Ponty pour décrire la structure générale d’expérience qui s’y dévoile comme expérience originaire de rencontre corporelle avec le monde. Puis nous reviendrons à des interrogations sur la rencontre psychothérapeutique comme expérience comparable, en certains points, à l’expérience artistique du duende.

 

ON EMPLOIE AUSSI LE MOT EMBRUJO

qui veut dire litteralement ensorcellement

 

02.09.2011

A VAL OUI AVALE

LE CORPS,CE DESORDRE AU MONDE....

 DESORDRE ALIMENTAIRE

AMOUR

REFUS

RETENSION

FAIM FIN

 

 

AU 19 ET 20 EME SIECLES

EN SE DECHRISTIANISANT

ET EN OSANT SE MONTRER NU

LE CORPS S EST INDIVIDUALISE

 

LE CORPS  VECU

BOULEVERSANT ET VRAI

 

ET PUIS CES OEUVRES EN RESINE

NOUS APPELANT DANS NOTRE PROPRE CORPS

 

 IDEAL PERVERS

DES  CORPS MEDIATISES

 

LE CORPS ON NE PEUT LE MAITRISER

alors

IL ENTRE EN VIOLENCe

 

ON A POURTANT TENTE DE LE SEQUESTRER

MAIS L AME EST LA

ET NOTRE HISTOIRE EST IMPRIMEE

DANS NOS TISSUS

 

ALORS QUAND LE CORPS NOUS ECHAPPE

IL DEVIENT DETRESSE

 

LE CORPS EST UNE ILE DESERTE

 

 

01.09.2011

paradis perdu....

CASABLANCA

 

L ECOLE DU CENTRE

 

 cette porte en fer forgé noir, coliques

 odeur de mon cartable de cuir, poids inhumain sur mon dos

 uniforme  tablier noir qui nous faisait ressembler à des corbeaux en attente

et en consolation, effluves d amandes douces de la colle laiteuse

 

 encriers de ceramique et odeur âcre  de l encre

porte plume,  cahiers que je n ai jamais réussi à tenir propres

gomme traitresse supposée nous aider et qui ruinait la feuille d un trou

fatidique

pleins , déliés, pleins, déliés....

 

voix de crecelle de MME GRAVA qui s echinait à nous torturer

pour mieux se sentir exister

 tour du préau affublée du bonnet d'âne

 merveilleux goût de paradis perdu.....

 

comment aurais je pu t oublier ?

 

quarante ans plus tard, en visite à CASABLANCA,

je musardais et j 'ai vu une porte en fer forgé noir

comme on en voit beaucoup là bas

j ai dit à ma soeur, qui me tenait pas le bras

" C EST LA PORTE DE L ECOLE DU CENTRE"

elle m a repondu

"TU RËVES"

 

j ai ressenti le même mal au bide

et en rentrant chez ma cousine

je me suis tout de même renseignée

j ai confiance dans la mémoire du corps

 

reponse

L'Ecole du centre n existe plus, mais c est bien la porte......

 

 

 

 

29.08.2011

android

vous les dociles

les soumis

vous qui ne souhaitez que mimétisme

et immobilité

 

vous nés et morts dans la servitude volontaire

vous les moutons de panurge

individualités mutilées

cohorte de conformistes

 

vous les simulacres

les ombres

 

vous qui vivez dans les tenebres

de notre triste siecle

avec pour faux ami

le satané progrès

 

peut etre vous reveillerez vous

un jour

pour assister, impuissants

à l enterrement de vos instincts

 

 

20.08.2011

INSPIRE PAR DIAMANDA GALAS

PAS UNE SEULE PHOTO D ELLE PETITE FILLE
ELLE NE SAIT PAS A QUOI ELLE RESSEMBLAIT
TOUT CE QU ON LUI A DIT
C EST QU ELLE ETAIT  UN ACCIDENT
ELLE A PORTE SON HISTOIRE
EN MARGE INDECISES
JUSQU A L ARRIVEE DE SA NUIT

HUIT MAI OUI MAIS COMME ON DIT ICI

IL EST DES MARQUES QUE RIEN N APAISE
ALORS ON CREE SANS ARRET
DES ECHECS DESIRES
PAR LE SATANE INCONSCIENT


ON S ARRACHE LA PEAU
LAMBEAu PAR LAMBEAU
CHERCHANT LA VERITE
DANS LES CONTRADICTIONS
OBSESSION D ETRE AIMEE
IL Y A LA CHAIR DES MOTS
A TOUS CHEMINS INACHEVES
PERDUS DANS LE SILENCE

 LES LASSITUDES
RENDUES A L ESPOIR

PROVOQUER POUR OBTENIR
CE QU ON CONNAIT LE MIEUX
LA MALTRAITANCE ET L ABUS

CETTE IMPRESSION DE DEJA VU
QU IMPLORE UN RITUEL
DE MORT
AVEC UNE NAUFRAGEE
DANS SA VAGUE
COMME AUTANT DE LEVRES
OUVERTES
BELLES REVEES SANS VOIX

CHIMERE BLEUE

"Corps violent et redoutable,
Viens-tu pour détourner le sens de mes appels ?
Viens-tu pour affirmer l'énigme et la sertir en moi ?
Qu'es-tu sinon la mort changée en ouverture ?"
René Char

malaise cosmogonique

mais pourquoi nait on

quelle est cette necessité qui pousse les femmes

à faire des mômes

on sait pourtant que le temps existe

on connait ses degradations

et voilà qu 'en pleine conscience

on les impose à qui n 'a rien demandé

oui oui, nous sommes l oubli

l impasse

rien que des ombres

ce fouloir de mepris

chacun promis au silence

c est un dieu buté

le masque tombe

du premier jour

19.08.2011

elle

avec sa peau

avec sa peau

avec ses seins

mutilés

avec ses seins

ses cuisses

lourdes qu elle regarde

 

son pubis

blanchissant

qu elle regarde

 

ce pli là

qui s est formé

sur son ventre

lordosé

 

avec ses cicatrices

qu elle sent

dedans dehors

celle qui longe

son sein droit

comme un chemin de terre sinueux

 

avec cette autre là

qui tire

contre ses vertèbres

comme une corde

trop trop courte

 

avec son corps

sur les draps

sous la couette

la tête enfouie sous les oreillers

dedans , dehors

la pluie

le crissement du vent

dans les arbres

 

avec son corps

son alloc handicapée

avec son corps

ses yeux mouillés

comme des papillons de nuit

papillons des tombeaux

 

avec sa bouche

ronde

qui fait la moue

elle aime avec son corps

et la ville

cruelle

autour

la ville vautour

grande , hostile

 

la ville,

escaliers et trottoirs

tortures quotidiennes

 

avec son corps

couturé

precaire

en detresse

 

elle le voudrait

corps de desir

mais il est une prison

glacée

 

avec son corps

ses problèmes de survie

dedans dehors

 

avec son corps et ses doigts

qui la calment

dedans

dehors

combat solitaire

et le monde

tout autour

 

avec son corps automne

et l hiver lancinant

avec son vertige

dans les tremblements du monde

 

avec ses oscillations

d equilibriste

 

avec ses mains

qu elle voudrait

manucurées

soignées

son vernis qu elle

laisse s ecailler

 

avec ses cheveux

qu elle voudrait disciplinés

avec ses armoires

foutoirs

 

avec son corps

desordre dedans dehors

 

avec ses contradictions

cette dualité

ce combat interieur

son corps jusqu'auboutiste

qui n en peut déjà plus

 

avec son corps vesperal

qui s impose lourdement

quand elle brule

de ferveur impatiente

dedans dehors

 

15.08.2011

morceaux choisis

"Il y a dans lire une attente qui ne cherche pas à aboutir. Lire c'est errer. La lecture est errance. (Quignard in Les Ombres errantes)
"Voyager à travers les terres habitées/ donc à travers les âmes" (Armand Guibert in Oiseau privé)
"L'encre a toujours été pour moi le contrepoison de l'ennui"
(Marcel Lobet in Icare laboureur)
"La substance de l'art est la vie même" (Henri Focillon in La Vie des formes)
"Balustrade de brise/ pour appuyer ce soir/ ma mélancolie" (Ungaretti in Vie d'un homme) "Le pays natal est moins une étendue qu'une matière" (Bachelard)

11.08.2011

bord du vide

sculpte moi

emporte moi

dans un rêve etrange

un rêve de temps arrêté


sculpte moi

ange immuable

pour bâtir en marge

une ivresse suave

comme un cri

au bord du vide


sculpte moi

qu aucune eclipse

n ose se defier

que la lumière tremble

face à des océans

obstinés


sculpte moi

de voix somnanbules

où les mots passent

vêtus de soleil ou de lune


des mots qui comme comète

croiseront mes silences

d où naitra une étoile

entre mes larmes

pauvres d enfance

perfection

le voile artistique de la pudeur a fini par être aussi contraignant que la burqa

epilation

gant de crin

maquillage

poudre de riz

 

sont les nouvelles confiscations du corps feminin , trop soumis au rythmes de la nature

 

il n est acceptable que sous le joug de l artifice

 

plus que la beauté ideale, ces corps parfaits trahissent l horreur du visceral, des flux repugnants, d une matière vivante non maitrisée

 

le corps de la femme est resté "stercoris saccum- comment traduire autrement qu 'un sac à merde

qu y voyait un predicateur medieval

 

la beauté recomposée est comme le filet dont le maçon emballe les bâtiments, trop fragiles pour eviter qu 'ils ne s effritent sur les passants

 

tel est le piege de la nudité pudique, de l aspiration à la perfection

sans fin, elle rappelle que la beauté est precaire, ephémère, superficielle

 

elle se passe peut être de voile mais c une gangue

07.08.2011

l energie de l amour

Un jour, quand nous aurons maîtrisé les vents, les vagues et la pesanteur,
Nous exploiterons l'énergie de l'amour...
Alors pour la seconde fois dans l'histoire du monde, l'homme aura découvert le feu.

Pierre Teillhard de Chardin

 

02.08.2011

L AUTRE COTE DE LA NUIT

JE CUEILLE LE CIEL DU MONDE

LES YEUX LIBRES

LE VERTIGE FIGE DE LARMES

LA SAVEUR DU SANG A LA BOUCHE

LE PRESAGE DE L OUBLI

SANS AUCUN SOMMEIL

DE L AUTRE COTE DE LA NUIT

28.07.2011

brouillard

tu flottes sur ma peau comme une fleur du mal

comme une vieille rengaine aux resonnances pales

de nos ebats passés il ne me reste rien q un arrière gout  bizarre

de temps perdu en vain, de tristesse des impasses que j avais un jour prises pour des boulevards

 

les projets avortés m avaient menée doucement à plus d envie

le feu s etait eteint faute d être alimenté, çà ne sentait plus guère la vie

doucement je devenais moribonde

et aujourd hui, à moi,  s ouvre un nouveau monde

 

aux senteurs de promesses

aux couleurs de voyages

mon coeur a fini d etre monomaniaque

j ai le sourire beat, comme on dit j ai la niaque

 

il y a ce garçon passionné de geodes

et de terre cultivée qui est aux antipodes

de ta passivité

 

 

il redefinit en moi le sens du mot projet

 

 

 

 

 

 

25.07.2011

mon enfant , mon amour

ELLE TROTTINE DANS LA MAISON

TOUT DOIT ETRE PARFAIT

ELLE S EVERTUE A NETTOYER EN PERMANENCE

ET LES JOUETS REVIENNENT REGULIEREMENT SUR LE SOL

 

PERFECTION PERFECTION

ELLE VEUT LE MEILLEUR POUR SES DEUX PETITES

ALORS ELLE REMPLIT LES PETITS SACS DE GOUTER

A DIX HEURES DU SOIR

QUAND LES DIABLOTINES DORMENT

ELLE Y MET TOUT SON COEUR

ET 25 SORTES DE BISCUITS ET DE BOISSONS

 

PERFECTION PERFECTION

JE LUI DIS

ELLES NE POURRONT JAMAIS MANGER TOUT CA

ELLES VONT LE DISTRIBUER

ELLE REPOND

TANT PIS ELLES SE FERONT DES COPINES

 

PERFECTION PERFECTION

ELLE EST DANS UN TOURBILLON D ETOILES

OU ELLE S OUBLIE

ELLE DEVIENT TRANSPARENTE

TRANSPIRANTE

MAIGRE A FAIRE PITIE

 

PERFECTION PERFECTION

JE LA REGARDE DANS CETTE DANSE FOLLE

ELLE ME FAIT PEUR

ELLE OUBLIE QUE JE SUIS SA MERE

ET QUE JE LA VOUDRAIS EN FORME

 

PERFECTION PERFECTION

JE LUI DEMANDE CE QUE JE PEUX FAIRE

ELLE NE VEUT PAS DELEGUER

JE VOLE DES TACHES ET JE ME FAIS RABROUER

 

PËRFECTION PERFECTION

J AI MAL AU COEUR

MAL AU VENTRE

C DE LA QUE TU SORS MA FILLE

JE T EN PRIE

MENAGE TOI

 

JE T AIME TANT

 

19.07.2011

ben oui

Einstein.jpg

LES MARCHES D ARDECHE

SOUS LE SOLEIL

TOUT BRILLE

LE MIEL FRAICHEMENT VERSE DANS LES POTS,

LES TOMMES DE CHEVRE

LES PECHES

LES ABRICOTS

LES MURES

LES POIVRONS ROUGES

 

ET IL Y A ...

LES NOUGATS AU CHAUDRON

 

LES PRODUCTEURS QUI VENDENT LEUR

VINS SUR DES FUTS DE CHENE

 

CHAQUE EXPOSANT A MIS SON NOM

SUR SES PRODUITS

COMME ON LE MET SUR DES OEUVRES D ART

 

IL Y A DES PARASOLS DE COULEURS

ON POUPONNE SES PRODUITS

ON LES A ELEVES COMME DES ENFANTS

 

ON PREND LE TEMPS DE SE PARLER

ON CONSEILLE

 

ON VOYAGE ET ON APPREND LE MONDE

CONNAISSANT AVEC LUI

COMME AVEC UN HOMME

DE TROP BREFS MOMENTS D UNITE INDICIBLE

ET DE TOTALE RECONCILIATION

 

ET AU MILIEU DE TOUT CE BONHEUR

IL Y A SOUVENT

UNE PETITE PLACE RONDE AU SOLEIL

OU ON BOIT UN BLANC FRAIS

ET OU LES GOSSES AUX JOUES ECARLATES

COURENT EN LIBERTE

 

CES ILLUMINATIONS NE SONT PAS LE MONOPOLE DE L ETAT NOMADE

MAIS LE VOYAGE SERT A REACTIVER

PENDANT UN INSTANT

LA LECTURE DU MONDE

 

fete du voyage

ON MET LA CLEF SOUS LA PORTE

ON SE LAISSE A L INTERIEUR.

 

ON SE DONNE RENDEZ VOUS A L ETRANGER

ON REGARDE LES RUES

LE CIEL

ET LES MAISONS

ON SE REGARDE SOI MEME DANS LES VITRINES

ETONNE D ETRE OU L ON EST

C EST A DIRE AILLEURS

ON EST ETONNE

ON EST AUSSI NEUF

QUE CE QU ON VOIT

 

17.07.2011

TU M ATTENDS

TU M ATTENDS SOUS UN ARCHE DE REVES.

NE M IDEALISES PAS TU VAS TOMBER DE HAUT

JE NE SUIS QU HUMAINE PETRIE DE PEURS ET D EAU

QUI NAVIGUE ENTRE GUERRES ET TREVES

 

TU M ATTENDS

TU M AS SIGNE UN CHEQUE EN BLANC

DE CONFIANCE

MAIS EST CE MOI QUE TU ATTENDS

DANS CETTE BYZANCE

DE SENTIMENTS

EST CE SEULEMENT

QUE J ARRIVE AU BON MOMENT

 

TU M ATTENDS

POUR LA CHALEUR DES PEAUX MELEES

POUR LES VOYAGES

LES ENVOLEES

LES PARTAGES ET LES SILENCES

TU M ATTENDS POUR CETTE DANSE

OU QUAND LES PAS SE SUPERPOSENT

ON VEUT DANSER A L INFINI

QUAND MUSIQUE ET CACOPHONIE

ECRIVENT EN ROUGE LE MOT ENNUI

 

TU M ATTENDS

ET POURTANT QUOIQUE JE SACHE

TU ME COMBLES

DE TES AUDACES

 

ET SI LE BONHEUR N A QU UN TEMPS

J AIME L ENTENDRE

CE JE T ATTENDS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

02.07.2011

TARD DANS LA NUIT

Je suis dur
Je suis tendre
Et j'ai perdu mon temps
A rêver sans dormir
A dormir en marchant
Partout où j'ai passé
J'ai trouvé mon absence
Je ne suis nulle part
Excepté le néant
Mais je porte caché au plus haut des entrailles
A la place où la foudre a frappé trop souvent
Un cœur où chaque mot a laissé son entaille
Et d'où ma vie s'égoutte au moindre mouvement

(Pierre Reverdy - Tard dans la nuit)