20.05.2012

farce à face

je suis une folle poreuse

un crustacé sans carapace

un oiseau deplumé

une guerrière à mains nues

une colombe désemparée

deportée par le vent

les tempêtes

qui voudrait partir

à l assaut

du  soleil

et qui retombe

calcinée

en poussière de sang

18.05.2012

dream and bloody reality

en amour, finalement, seul compte le délire

 

je fuis ce qui me met hors de moi

et dans le même tps, j en ai la nostalgie

je recherche l harmonie et elle a vite fait de m ennuyer

j evite les crises... fatiguantes

je rêve de cet être

qui saurait à la fois

me retenir

m enflammer

et m apaiser

 

quand mon rêve s incarne

je change de rêve

on ne se tue par par amour

pour une femme"

 

ecrivait PAVESE, avant son suicide

"on se tue parce qu un amour, n importe quel amour, nous révèle

dans notre nudité, dans notre état désarmé, dans notre néant"

les liens...sacrés du m....e

le mariage réussi est celui où les partenaires ont réussi à devenir des amis...

ET QU EST CE QU UN AMI

LA TRAJECTOIRE EST VITE BOUCLEE

on rêvait de tout partager, de conjurer les démons, de donner enfin congé

à la maudite solitude, saulitude

 

et on se retrouve à deux, à signer  un pacte de non agression avec un inconnu

qui n a plus l attrait de l inconnu

 

ah on peut certes, briser ses chaines, le temps de se reveiller, de s apercevoir que l histoire

n est qu un eternel recommencement et qui si nous sommes esclaves de nos sens

NOUS SOMMES ENCORE PLUS ESCLAVES DU BOURREAU QUE NOTRE INCONSCIENT A CHOISI POUR NOUS

17.05.2012

dupe

non les bras d ORPHEE ne m emmèneront pas où j ai envie d aller

je resterai une EURYDICE morte....

10.05.2012

architechtures pointillées

j aime tes rires et nos pudeurs

j aime tes failles et tes douceurs

j aime ces chemins qui ne nous mènent pas à ROME

j aime nos errances et nos âmes de ROMS

le sud crache son nord qui délire

et tout le visceral s achève dans des rires

sucement obsessionnel d un muscle pour un gouffre

un jour les mots vous entaillent

Vous entraillent

déesse devenue humide et magnetique

comme une forêt de nuit

07.05.2012

le jour où j ai voulu comprendre

sorite des lambris, des salons des ambassades où nous etions régulièrement invités-

mon cher mari etait "le numero un" , le PDG d une boite de transports-

j etais toujours sur ma faim

l afrique vue comme çà ressemblait tant au reste du monde

 

et un jour, j ai appris qu 'il fallait payer du prix de l'inconfort la rage de decouvrir l autre

 

j ai plus appris dans les bus cabossés et bringuebalants, sur les routes cahoteuses

dans les hotels hilton fabriqués dans des conteneurs rehabilités

 que dans des cars climatisés, en pays balisés

 

les intuitions vous ramènent des butins sensoriels

forts en rutilation

dechirements

elle me regarde les yeux embués

la larme va couler, perler sur sa joue pèche toute rose

puis le sanglot arrive, liberatoire

t en va pas mamiiiiiie

 

ma tire est en double file

et moi aussi j ai la larme à l oeil

flash back

l ecole en couleurs

les departs vers le kenya

t en vas pas mamannn

 

merde, mais c moi qui chiale

 

 

 

06.05.2012

soyons zeureux

mais de quoi bordel???

des faits de société, de l evolution morbide

du mensonge qui nous gouverne

nous avons le choix entre la lucidité tueuse

et la mollassonne tolerance

 

se rouler dans ce qui reste de nature

et maudire à jamais l homme

qui a grignoté , pourri, merdé à jamais

son habitation

 

ah si j avais la santé

je monterais là où il n y a plus d hommes

sur les sommets enneigés

dans les seuls et rares ailleurs qui ne sont plus à sa portée cannibale

03.05.2012

no more

j ai digéré l idée, eu le temps de la vomir

il ne reste plus qu un arrière goût aigre dans tout mon être

 

mon coeur a fini d être monomaniaque

et tout d un coup, mes yeux regardent ailleurs

 

le mot faim, s ecrit fin

 

tristesse d une impasse qui fut un jour le boulevard du monde

tristesse des projets avortés

des lenteurs qui ont mené à plus d envie

 

le feu s est éteint, faute d être alimenté et les braises sont factices comme celle

d une fausse cheminée

01.05.2012

notes de lecture

"nous avons encore et toujours affaire à de tels sombreurs et à de tels culs de sac, me dis je

et je marchais rapidement contre le vent"

thomas BERNHARD, le naufragé

"je ne puis ce soir, je ne peux jamais que me coucher dans ma peau, dans ma sueur inquiète,

et ma nuit , sans adjectif"

Jean CLAUDE PIROTTE, CAVALE

 

"je m en vais voir ailleurs, si j y suis"

ERIC PIETTE, VOZ

à toi qui vis si loin, un cri dans le silence

je t ecris en pleurant, tu n aurais pas aimé

je t ecris n importe comment, en vrac

je n ai jamais rien lu qui m aie autant secouée

le royaume que tu sors de l ombre et que tu explores si profondément

est d une étonnante poésie

comment t est il possible de plonger si profondément dans la laideur du monde

et les ramifications sans fin de la sensation...

tu confirmes mes croyances que seule la poésie permet de transmettre la vie des regards qui autrement, serait

indescriptible

 

quelle revelation, quelle aventure illimitée

quel tourbillon

quelle danse vertigineuse sur les tombeau

 

tes ecrits me font respirer, mon être s agrandit

 

tu sais donner à la langue toute sa subtilité

mariage d un regard décalé et d un esprit libre jusqu'au total envol

 

suis bouleversée

29.04.2012

le corps

le corps est un desordre au monde

21.04.2012

chronique de la madelon, dedié à viliiine

d avoir été infirme, hier

me voilà devenue infirmière

je suis un havre, un hotel, un hosto

çà se sait de bruxelles à Puteaux,

 

c est toujours à ma poire qu on pense

depuis que chuis sortie d'l'enfance

 

mon palpitant a d enormes artères

on s y balade, comme à Cythère

je prends qui le veut, sous mon aile

 

JE SUIS LA POTE

L AMIE FIDELE

 

même quand je tombe à la renverse

sur moi, tous les ennuis se deversent

 

 

j offre mes rires, ma table, mon lit

à tous les paumés de la vie

 

à force de pas savoir hair

je vais devenir hétaire

mais hétaire sans les finances

car moi, c est gratos quand je danse

pas de doûte, je sais rien refuser

je me ferai toujours baiser

 

ah comme c est doux , on dit qu on m aime

çà m evite de penser à moi mme

 

un jour, sur ma pierre tombale,

on viendra se payer ma balle

"ci git, la brave, la bonne SUZY

claquée d'une bonne asphyxie"

20.04.2012

ouf je suis ouf

juste envie de souffler

juste envie de prendre le large

qu on me regarde, qu on sache

qui je suis vraiment

tous ceux qui descendent d Israel

NE SONT PAS LES ENFANTS DE DIEU

 

 

04.11.2011

le dernier tri

les feuilles roussissent ici, jamais là bas

c etait un beau jour d avril comme l etaient tous les jours qui se succèdaient sans grande surprise

il faisait torride:

c etait la paque juive et encore une fois, je me sentis deracinée

 

les champs de canne à sucre brillaient sous le plomb fondu d un soleil de fin de journée

 

une tristesse pourtant me taraudait de l interieur

j etais un bois flotté sur l océan

dans le silence d une voiture et d un couple

que plus rien ne liait

 

 

comme pour nous reveiller de nos torpeurs

 

l irremediable  vint en visite

 

le fracas fut assourdissant

comme l etait le silence qui precedait

 

seule, une explosion, un eclatement semblait pouvoir m extraire à ce raz de marée apathique, à cette vie sans but transcendant et sans rêve

 

la maladie, le handicap virent me sauver

derniers refuges de la creativité

 

mon exil interieur qui m avait enfermée dans un placard à obsessions trouva dans cette dislocation, une desolation suffisante pour ma survie

 

allez comprendre nos complexités

 

 

 

 

 

 

 

25.10.2011

le bonheur c etait hier

ce n est pas un scoop : aucune société, aucune culture, aucune civilisation n'a jamais disposé d autant d instruments d identification que la notre

cette triste homogénéisation nous amène à la crise identitaire

et nous voilà, pauvre androide, rejeté dans la solitude, l ennui, la morosité, le dégoût, et toutes ces joyeusetés qui nous mènent à une belle détresse

 

les cabinets des psychanalystes ecoutent en choeur la complainte des incompris en tous genres, des angoissés, des suicidaires, des insatisfaits, des depressifs et des laissés pour compte

 

et nous voilà dans des desordres biologiques et psychiques car la maladie est le dernier cri du corps

 

nous sommes des individus isolés, perdus dans la masse de l explosion universelle

 

et le plus merveilleux de l histoire c  est que le système social belge appelle les gens qui vivent seuls  "des isolés"

et oui faut appeler un chat, un chat

eldorado

ils ont cotisé pour te faire partir, pour t extraire de cette prison à l avenir noir et glacé

 

ils savent que tu ne les oublieras pas , que tu vas t escrimer pour réaliser à distance, leur rêves les plus dingues

 

toi, MOUSSA, le favorisé qui porte en amulette leur confiance, tu vas t embarquer vers  MELILLA

l ESPAGNE avec ses ors, ses jardins, ses orangers, ses lambris, ses patios à ciel ouvert

 

tu deviendras un prince chez les toubabs , tu ne devras plus t asseoir des heures sous un arbre, voler à la tire ou sniffer de la colle

tu as le coeur qui tangue et les yeux  chargés de rêve

tu vas traverser les mers sous une lune bleue, tu vas manger les étoiles

ils t accompagnent dans la nuit noire où tu t embarques à la sauvette vers un rêve

que tu n atteindras jamais

la nuit, la nuit, la nuit, les vomissements

la cale

la haine

les coups

et la derive vers le néant dont tu viens et qui sera ton royaume

à jamais

 

 

 

 

 

21.10.2011

NOTRE SIECLE

TOUTES LES CATASTROPHES DU XXEME SIECLE S EXPLIQUERAIENT

SI L ON AdMETTAIT AVEC JAQUES RIGAUT,

QUE DIEU, DEVENANT DE PLUS EN PLUS AIGRI,

IL ENVIE A L HOMME SA MORTALITE

 

 

16.10.2011

taedium vitae

la vie est une lutte de tous les instants avec la certitude d être vaincu

Shopenhauer

 

un JOUR, seul dans sa chambre, on a juste l envie d être lucide et d'aimer le mot fin comme on aime le  mot début

quand la vie trompe nos attentes

quand la souffrance vous taraude

quand le naufrage ne fait plus l ombre d un doûte

que la tricherie schizophrène tire sa reverence avec l aube

 

alors  dieu merci, on peut toujours se faufiler dans ce fameux tunnel blanc qui n arrive nulle part

"mourir n est rien, il faut savoir disparaitre.Mourir relève du hasard biologique, et ce n est pas une affaire.

Disparaitre relève d une plus hate necessité. il ne faut pas laisser à la biologie, la maitrise de sa disparition"

BAUDRILLARD

et comme le disait si bien Michel FOUCAULT

"si vous voulez que le nombre de suicides diminue, faites en sorte qu il n y ait plus que des gens qui se tuent par une volonté réfléchie; tranquille , libérée d incertitude. IL ne faut pas abandonner le suicide à des gens malheureux qui risque de le gâcher et d en faire une misère"

09.10.2011

le pouvoir des mots

je viens de finir de lire le pa

quet de feuilles que tu as extrait de ton sac, comme tu sortirais un fromage ou un sauciflard

 

je suis allongée sur mon pieu, vidée, comme si je venais de m envoyer en l air, membres engourdis et yeux lacs

 

j ai veritablement joui

 

toutees mes resistances sont tombe

je suis  entrée en fusion avec tes ecrits, une telle fusion qui m 'a faite t'avaler

te prendre en moi

 

j ai lu

comme on regarde un cyclone se former et qu'à la fin, emportée, on fait corps avec lui

 

j écris n importe comment, je le veux ainsi

 

je ne vais pas relire

 

je veux t ecrire sous le choc de cette musique que tu as imprimée en moi

 

ce que tu as secoué est comme "une invitation verbale des tissus organiques"

un vertige que je ressens au quotidien mais que tes mots  DELIVRENT VRAI

 

si je t ecris en pleurant c'est que j ai rarement  lu de textes qui m'aient tant secouée

ce royaume que tu sors de l ombre, cette prison royaume-devrais je dire_ que tu explores

si profondement et ces ramifications infinies de la sensation...

 

quel talent VINCENT

 

tu confirmes mes croyances que seule la poesie permet de transmettre la vie qui autrement est indescriptible

 

quelle révélation, quelle ouverture illimitée mon Vinc, comme les PROKOFIEV que tu postes, quel tourbillon, quelle danse vertigineuse sur les tombeaux, papillons des tombeaux

 

tes écrits m ont essouflée et en même temps offert une autre respiration

mon être s agrandit dans cette corrida de l auto derision de notre condition

 

quelle elegance de vue et comme tu redonnes à la langue toute sa subtilité grinçante

 

ce mariage sublime d un regard decalé, et d un esprit libre jusqu'à l envol

 

06.10.2011

LA PROSE DU TRANSSIBERIEN ET LA PETITE JEANNE DE FRANCE HIER AU SENGHOR

 

le voyage debute par les percussions de PIERRE quiriny, impressionnant d habileté

 

il nous fait ensemble, le roulis du train, l inquiétude , le coeur battant et la tiedeur des vapeurs d alcool

 

dans ces brumes vagabondes, PAUL VAN mulder delivre le texte, comme une musique qui fait vibrer les mots, sussurant les alitérations, claquant les rimes chantant presque l heureux enchainement des mots

le comédien s exprime aussi avec son corps, comme avec la poésie et tremble, danse, court, fougueux comme blaise cendrars, insxatiable voyageur

 

la complicité entre ces deux artistes à partir de cette oeuvre a donné naissance à une oeuvre musicale

choc fusionnel entre rythmes et mots....

22.09.2011

le blog de jakar

l JAKAR


Picture

"L'écriture coince le corps entre la chaise et le lit, elle le cloue sur place afin qu'il ne puisse plus se défendre contre la maladie d'écrire...". Dans ce portrait original du grand écrivain d'origine belge Marcel MOREAU, le réalisateur fait vivre une vaste écriture en solitaire. C'est l'incarnation d'une littérature vécue comme seule et grande nécessité à la vie. Parce que MOREAU se livre totalement dans son oeuvre ; le film interroge prioritairement l'écriture pour mettre l'écrivain en lumière.

18.09.2011

A LA BORNE DU TOUR DU MONDE

A la borne du tour du monde
De la grand-roue, attachez-moi !
Que le ciel soit ce que Raymonde
Pour Raymond fut : Ammon, chez-moi !

Les toits sont blancs. Couve le givre.
Les loups ont faim. La horde hors
Du bleu de ville au vertige ivre,
Vers les cimes du froid dehors

Emporte des morceaux de rêve
Tendres comme de jeunes daims.
Exsude partout, after-shave !
Sur les trottoirs, cours et jardins !


Ces mans. Ciment. Béton. Bitume.
Bête à bon Dieu, blette, je vois
D'élégants manchots en costume
Fendre de grands pantins de bois.

Un Opinel coupe les tommes.
La croûte frottant le papier
De vers, aiguise des troncs d'hommes
Sur des arêtes de gravier.

L'ossature du vieux manège
Prolonge le bout du ponton
De mes flâneries ; Pourquoi n'ai-je
Pas su attraper le pompon ?

Ma Terre Sainte : Sainte-Hélène !
Ton île était mon jacuzzi.
Dans une mer d'acétylène
Une étincelle aura suffi

A me consumer. Mon Eve entre
Pomme d'Adam, Saule pleureur,
Péniblement frappe à mon ventre
Au poing manchot de l'empereur.

Des casseroles aussi sales
Que les recoins de l'avenir
A ces profondeurs abyssales
Où mijote le souvenir

Je vomis, mon frère alcoolique,
Dans la bile du gigolo
Le vieux dealer mélancolique
Des chiens crevés au fil de l'eau.

14.09.2011

PAROLE DE FEMME

 

Extraits choisis du roman "parole de femme" d'Annie Leclerc


"... J'envisage, dansant de l'une à l'autre, les fêtes de mon sexe. Fêtes multiples où chacune est entière et n'a cure des autres.
Ni ordre ni hiérarchie entre elles ; toutes privilégiées, irremplaçables. Pas de pente à monter, de sommet à atteindre.

 (... )


Et si l'accouchement est le foyer central de mes emportements, et la pierre la plus dure de mon chemin, ce n'est pas que j'en fais la fête par excellence, ou celle à laquelle tendraient toutes les autres, mais c'est que l'accouchement est la fête la plus maudite, la plus persécutée et ravagée, où la répression fasciste de l'homme triomphe dans la torture

( ... )


... Soudain le bébé me flanqua une forte bourrade et je fus prise d'une irrépressible envie de pisser...

Je suis allée m'assoir pesamment sur le siège des toilettes en pensant à autre chose. Ça coulait. Je devais, comme chaque fois depuis un certain temps, fixer rêveusement l'extrémité lointaine de mes cuisses. Les genoux comme de petits rochers bien polis semblaient sortir directement du ventre. Depuis longtemps déjà je ne pouvais plus voir mes cuisses ; le sexe n'en parlons pas. j'avais du mal à penser que ces parties de moi me redeviendraient familières, immédiates.

Alors je devais rester là, sans pensée, les yeux dans le vague pendant que ça coulait toujours. J'ai fini par me dire qu'il y avait quelque chose de bizarre ; ça ne cessait de couler légèrement, continûment, et comme malgré moi, sans poussée musculaire. Et si... Je me suis levée , j'ai regardé. Mon cœur s'est mis à battre très fort ; pas de doute, c'était ça. Ce liquide laiteux qui s'échappait de moi, c'était sûrement les eaux, comme ils disent. J'y ai mis le doigt pour voir ; j'ai pensé au sperme.

( ... )


... Puis je commençais à me tortiller ; ça se bloquait à l'intérieur, ça tirait un bon coup, ça retombait. J'étais vraiment très embarrassée, très perplexe, ça faisait bien quelque chose, mais mal ? Rien de moins sûr. J'ai dit à ma copine, tu crois que c'est ça ? Forcément elle n'en savait pas plus que moi là-dessus, mais à tout hasard elle m'a répondu en se marrant qu'on avait qu'à faire comme si c'était ça, parce qu'au fond, à bien y réfléchir, il y avait quand même des chances pour que ce soit ça. On a sonné l'ordre de départ. je me sentais extraordinairement gaie. je ne dis pas, il y avait peut-être de l'inquiétude derrière mon excitation joyeuse, mais je ne le sentais pas comme ça. Le souvenir que j'ai gardé de ce moment jusqu'à l'arrivée à la clinique est plein de rires.

Dans la voiture, c'est devenu plus net. A trois reprises ça s'est mis à rouler dans les hanches comme une vague, ça a monté, monté, ça s'est mis à tirer, écarteler, un truc à vous couper le souffle, et puis ça redescendait, la vague retombait comme elle était venue. Ma copine me demandait pourquoi je ne faisais pas "snif-snif" (respiration ASD).

A cause des autres, je n'osais pas être à ce que je faisais, et j'avais hâte d'y être. Je faisais seulement oh là là, ben merde alors, en secourant la main droite et en rigolant. J'étais extraordinairement, non pas honteuse, mais gênée de vivre ça devant eux parce que c'est quelque chose qui sort de nos mœurs, les insulte, les transgresse d'une verte insolence.

De tels éclats du corps, de tels triomphes de l'organisme, une telle évidence de la chair emportée, des os tirés, écartés, de sa puissance volcanique, ça ne peut pas se dire en face ; ça va absolument contre tout de dont nous sommes convenus entre nous, l'oubli du corps, son silence et sa discrétion.

Alors j'avais hâte d'être à la clinique, de faire ça toute seule, ou auprès de quelqu'un qui avait l'habitude d'accueillir cet évènement.

A vrai dire, il m'a bien fallu déchanter en arrivant à la clinique. J'imaginais sans doute qu'on allait m'accueillir, sinon avec des cris de joie, au moins avec des sourires de bienvenue. je croyais m'amener avec une bonne nouvelle ; à en croire la mine et l'humeur des infirmières, ça vait plutôt l'air d'en être une mauvaise, de nouvelle. Non seulement je me permettais d'arriver plus tôt que prévu (il paraît que d'autres s'étaient aussi permis de faire de sale coup, et ça manquait de chambres), mais encore je débarquais au milieu de la nuit, ce qui n'était guère poli.

Compte tenu de l'accueil qui m'était réservé dans une clinique tout ce qu'il y a de bien, j'ai pu me faire une idée de ce que ça devait êtrepour les malheureuses débarquant à l'hôpital, et dont l'humeur n'était pas aussi nécessairement joviale.

Quelles que soient les garanties d'hygiène et de sécurité apportées par l'hôpital, ou la clinique, l'accouchement pratiqué en série est ramené à la dimension de l'extraction dentaire, étant entendu qu'une femme qui accouche n'est MÊME PAS malade, et qu'on lui fait une sorte de faveur en l'acceptant dans ces lieux réservés à d'autres. Le mépris, la déconsidération de cet évènement qui représente pour la femme le moment d'une épreuve extrême et cruciale de la vie, n'est autre que le mépris de la femme en général. Pas étonnant qu'elles continuent à vivre ça dans la douleur alors que ça devrait, que ça pourrait être vécu dans le bonheur. "Dites-vous que vous faites caca, allez-y, faites caca, vous faites caca...", me criait la sage-femme au moment de l'expulsion, croyant sans doute m'aider de cette façon et me donner de l'inspiration. Je n'ai rien contre le fait de faire caca, mais tout de même c'est pas ça que j'étais en train de faire. Elle m'aurait dit, allez-y, vous faites un enfant, que ça aurait marché aussi bien...

On m'a dit de me déshabiller, et je me suis fait une première fois engueuler parce que je portais une culotte et qu'il n'en fallait pas, ou l'inverse, je ne sais plus. Je me suis allongée sur la table de travail, et pendant que j'écartais les jambes comme on me le demandait, j'ai entendu qu'on m’apostrophait pour la deuxième fois de l'extrémité de la pièce. Vous n'avez pas de robe de chambre ? Non, je réponds, on m'en apportera une, s'il faut. Soupir excédé.

Et c'est tout ce que vous avez apporté pour vous et le bébé ? Je réponds, ben oui. Cette fois, soupir accablé, désespéré. Et pourtant dans la petite valise écossaise que j'ai achetée exprès, j'ai mis tout ce qu'il y avait d'écrit sur la liste qu'on m'avait donnée. Je devais comprendre plus tard, en voyant les dentelles et les délicats froufrous des autres bébés, que j'étais une mère bien imprévoyante.

La sage-femme répète en se baladant dans la salle, "détendez-vous, détendez-vous, tout se passera très bien", alors qu'elle ne m'a pas encore jeté un regard, ni même serré la main. Moi qui n'étais pas le moins du monde tendu, je sens que ça pourrait bien me venir. Enfin elle s'approche de moi. C'est pour me raser les poils du pubis avec une brutalité experte et indifférente. Elle m'examine, et dit que j'ai fait du bon boulot déjà, en me flattant la cuisse d'une petite claque d'encouragement.

Bon boulot peut-être, mais moi j'ai eu vraiment à ce moment le sentiment qu'on me cassait le travail, qu'on m'abîmait tout, qu'on me rabaissait à moins que rien. Heureusement très vite mon corps s'est imposé de nouveau, oubliant, rejetant dans la fange irréelle ces empêcheurs de tourner en rond. Pour la sage-femme, c'était peut-être le 492e accouchement auquel elle assistait. Moi, c'était le mien, le premier, mort, naissance, emportement. La vie. Extraordinaire aventure que je voulais sans réserve.

Il y avait le moment étrange où tout s'apaisait, où mon corps se déliait de toutes parts, s'étendait immobile, recueilli dans le silence comme un lac au crépuscule. Et j'attendais, religieuse, les yeux clos, la montée de la prochaine vague qui allait me soulever. hauteur insoupçonnée, vertige ; ce qui commence à naître en moi est une sorte d'effroi sacré, de nudité grande comme le ciel.

J'ai oublié les autres. J'ai oublié les jambes en l'air, écartées, le sexe chauve, à l'air et dilaté, comme l'amour triomphant oublie la décence.

Et de nouveau mon corps se concentre, se resserre. Cela s'insinue, semble-t-il, par les cuisses. je prends mon souffle, je halète, et voilà que ça monte, ça ouvre, ça se répand, ça presse tandis que craquent les limites de mon corps. Une porte de bronze s'entrouvre en grinçant sur une sorte de nuit immense, jamais vue.

Au début, dans le choc de l'étonnement, me viennent des mots, plus que des images, qui cognent dans ma gorge avec mon souffle haché, labyrinthe, inquisition, schismatique, et toujours, avec cette bizarre idée, raide comme une lame fichée dans le ciel, au goût d'un noir triomphe : "ils ne m'auront pas". Qui "ils" ? Avoir quoi de moi ? La réflexion que j'ai pu faire depuis ne m'a pas appris grand chose là-dessus. Ils ne m'auraient pas, c'est tout, et je le savais dans la plus brûlante, la plus merveilleuse certitude. je "leur" avais échappé. Je leur échappais.

Au fur et à mesure que cela s'intensifiait je perdais, alos que le conscience, elle, allait se dilatant, toute conscience de moi, de ma vie. je perdais peur à peur tout ce qui antérieurement me faisait dire "moi", limites, temporalité, séparation. J'accédais à l'éblouissante conscience de la vie brute, la vie une et seule à travers toutes les formes fragiles, assaillies puis rejetées, la vie dépassante, folle, irrespectueuse de toute permanence, fondamentale, ivre...

J'ai perdu les mots mêmes qui me choquaient la tête. Je suis devenue immense, tentaculaire.

Plus vaste que la mer.

Plus vide que le ciel.

06.09.2011

duende

Le « duende » est un mot espagnol intraduisible en langue française. Il témoigne de l’indiscible rencontré dans des moments de grâce de l’art flamenco. Sa mystérieuse signification semble indiquer, au delà des divergences culturelles, une facette de notre expérience habituellement passée sous silence.
Après avoir approché par différentes « touches » ce que désigne le duende, nous utiliserons le vocabulaire de Merleau-Ponty pour décrire la structure générale d’expérience qui s’y dévoile comme expérience originaire de rencontre corporelle avec le monde. Puis nous reviendrons à des interrogations sur la rencontre psychothérapeutique comme expérience comparable, en certains points, à l’expérience artistique du duende.

 

ON EMPLOIE AUSSI LE MOT EMBRUJO

qui veut dire litteralement ensorcellement

 

02.09.2011

A VAL OUI AVALE

LE CORPS,CE DESORDRE AU MONDE....

 DESORDRE ALIMENTAIRE

AMOUR

REFUS

RETENSION

FAIM FIN

 

 

AU 19 ET 20 EME SIECLES

EN SE DECHRISTIANISANT

ET EN OSANT SE MONTRER NU

LE CORPS S EST INDIVIDUALISE

 

LE CORPS  VECU

BOULEVERSANT ET VRAI

 

ET PUIS CES OEUVRES EN RESINE

NOUS APPELANT DANS NOTRE PROPRE CORPS

 

 IDEAL PERVERS

DES  CORPS MEDIATISES

 

LE CORPS ON NE PEUT LE MAITRISER

alors

IL ENTRE EN VIOLENCe

 

ON A POURTANT TENTE DE LE SEQUESTRER

MAIS L AME EST LA

ET NOTRE HISTOIRE EST IMPRIMEE

DANS NOS TISSUS

 

ALORS QUAND LE CORPS NOUS ECHAPPE

IL DEVIENT DETRESSE

 

LE CORPS EST UNE ILE DESERTE

 

 

01.09.2011

paradis perdu....

CASABLANCA

 

L ECOLE DU CENTRE

 

 cette porte en fer forgé noir, coliques

 odeur de mon cartable de cuir, poids inhumain sur mon dos

 uniforme  tablier noir qui nous faisait ressembler à des corbeaux en attente

et en consolation, effluves d amandes douces de la colle laiteuse

 

 encriers de ceramique et odeur âcre  de l encre

porte plume,  cahiers que je n ai jamais réussi à tenir propres

gomme traitresse supposée nous aider et qui ruinait la feuille d un trou

fatidique

pleins , déliés, pleins, déliés....

 

voix de crecelle de MME GRAVA qui s echinait à nous torturer

pour mieux se sentir exister

 tour du préau affublée du bonnet d'âne

 merveilleux goût de paradis perdu.....

 

comment aurais je pu t oublier ?

 

quarante ans plus tard, en visite à CASABLANCA,

je musardais et j 'ai vu une porte en fer forgé noir

comme on en voit beaucoup là bas

j ai dit à ma soeur, qui me tenait pas le bras

" C EST LA PORTE DE L ECOLE DU CENTRE"

elle m a repondu

"TU RËVES"

 

j ai ressenti le même mal au bide

et en rentrant chez ma cousine

je me suis tout de même renseignée

j ai confiance dans la mémoire du corps

 

reponse

L'Ecole du centre n existe plus, mais c est bien la porte......

 

 

 

 

29.08.2011

android

vous les dociles

les soumis

vous qui ne souhaitez que mimétisme

et immobilité

 

vous nés et morts dans la servitude volontaire

vous les moutons de panurge

individualités mutilées

cohorte de conformistes

 

vous les simulacres

les ombres

 

vous qui vivez dans les tenebres

de notre triste siecle

avec pour faux ami

le satané progrès

 

peut etre vous reveillerez vous

un jour

pour assister, impuissants

à l enterrement de vos instincts

 

 

20.08.2011

INSPIRE PAR DIAMANDA GALAS

PAS UNE SEULE PHOTO D ELLE PETITE FILLE
ELLE NE SAIT PAS A QUOI ELLE RESSEMBLAIT
TOUT CE QU ON LUI A DIT
C EST QU ELLE ETAIT  UN ACCIDENT
ELLE A PORTE SON HISTOIRE
EN MARGE INDECISES
JUSQU A L ARRIVEE DE SA NUIT

HUIT MAI OUI MAIS COMME ON DIT ICI

IL EST DES MARQUES QUE RIEN N APAISE
ALORS ON CREE SANS ARRET
DES ECHECS DESIRES
PAR LE SATANE INCONSCIENT


ON S ARRACHE LA PEAU
LAMBEAu PAR LAMBEAU
CHERCHANT LA VERITE
DANS LES CONTRADICTIONS
OBSESSION D ETRE AIMEE
IL Y A LA CHAIR DES MOTS
A TOUS CHEMINS INACHEVES
PERDUS DANS LE SILENCE

 LES LASSITUDES
RENDUES A L ESPOIR

PROVOQUER POUR OBTENIR
CE QU ON CONNAIT LE MIEUX
LA MALTRAITANCE ET L ABUS

CETTE IMPRESSION DE DEJA VU
QU IMPLORE UN RITUEL
DE MORT
AVEC UNE NAUFRAGEE
DANS SA VAGUE
COMME AUTANT DE LEVRES
OUVERTES
BELLES REVEES SANS VOIX

CHIMERE BLEUE

"Corps violent et redoutable,
Viens-tu pour détourner le sens de mes appels ?
Viens-tu pour affirmer l'énigme et la sertir en moi ?
Qu'es-tu sinon la mort changée en ouverture ?"
René Char