23/09/2004

je suis une juive arabe


Le cœur de Marrakech bat à la place JEMAA EL FNA, effervescence,klaxons stridents, charrettes à bras , " balaak, balaaak ", les bicyclettes se fraient un chemin, le porteur d'eau fait sonner sa clochette de cuivre, les boutiquiers hèlent, les diseuses de bonne aventure interpellent, les conteurs content, les enfants se disputent, le muezzin déchire le ciel, le soleil cogne, les derboukas tambourinent, les charmeurs de serpent jouent une musique aigrelette, les taxis aux pots d'échappement antiques " déflagrationnent ", les vieillards psalmodient en tendant la main., le chouwaii fait crépiter son barbecue à merguez en chantant une rengaine à trémolos
Au loin le soleil brille sur la palmeraie et les jardins de majorelle. A l'ombre d'un immense mur de pierre peint en bleu vif, un véritable oasis de fraicheur offre son calme olympien, ici, dans la volupté du silence, on se retrouve pour écouter la vie, au centre une pièce d'eau murmure, le vent bienfaisant souffle doucement dans les palmes. Les papillons multicolores viennent caresser le silence de leurs ailes, tout est en pointillés ombragés, les bruits sont doux
Comme une mélopée. Un grillon fait des facéties grinçantes, les fleurs chantonnent doucement au chergui d'été, doucement, doucettement

Le soleil se couche dans les cieux embrasés de la palmeraie, plus rien ne bouge, c'est le début du monde, tout se fige dans un mur de silence
Le vent est tombé sans faire de bruit, sur la pointe des nuages,
Un homme pétrifié sous un palmier attend indéfiniment
La ville se fait discrète, cachée derrière ses remparts. Ici, c'est déjà loin.
J'entends ma respiration mais plus celle de la ville.
Arrêt sur image
Expiration lente et libératoire
Je n'entends plus que le battement régulier de mon cœur
Fusion totale avec le milieu
Sentiment d'appartenance, enracinement avant départ ; je suis un palmier

20:09 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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