27/06/2005

"chez Parfait et Clémentine"

"chez Parfait et Clémentine"

le patronyme raisonne comme un sorbet  aux agrumes
ambiance et couleurs assurées, le cameroun au coeur de st gilles avec musique envoutante et répétitive à l'appui pour exciter "l'appareil du bas"
je m'assieds près de la fenêtre en attendant Edith
un petit coup d'oeil à l'assemblée, pas grand monde ce soir...
juste trois tondus et un bel ephèbe en ébène accoudé à une table, le muscle bandé , il descend une bière  avec l'air impassible des statues nok
dans un coin , près de la porte, PARFAIT peste contre une colonie de fourmis venues annexer le bas d'une plante dans sa brousse belgocamerounaise.... Decidement, l'histoire n'en finit pas de se répéter
Edith arrive, majestueuse, elle embrasse tout le monde et s'assied, royale
"Il n'y a pas grand monde ce soir" me lance t elle , l'air un peu déçu, le temps d'un balayage oculaire rapide de la salle, elle remarque l'apollon, sourires entendus et complices... Plus que de la beauté, nous sommes chez PARFAIT, la statuaire est de mise
l'arrivée d'Edith semble avoir ouvert le bal
la gargotte se remplit, Edith embrasse à tours de joues
les clients se haranguent de table en table : ca chauffe chez parfait
à la table voisine, il y a une bande de joyeux lurons et joseph, une espece de king kong  au verbe haut et à l'accent emphatique des terres de latérite rouge
il parle du match de foot et de "l'éscroquérrie" de je ne sais quel parieur
puis il appelle une jeune fille assise , lui demande des nouvelles de l'esthéticienne avec laquelle il a visiblement pris un "rateau"
la jeune fille lui gueule du bout de la salle
"maintenant tu es "casé" en appuyant très fortement sur la première syllabe
mais les cases en afrique ne sont jamais assez peuplées
et arrivent en trombe une jolie blonde et un monsieur typé qui viennent s'asseoir sur notre nez
le monsieur s'assied et met presque sa guibole sur table pour renouer ses lacets et la blonde au fort accent tchekovien se fait aborder par king kong
les conversations vont bon train et les gags en cascade nous promettent une soirée pas piquée des hannetons
la blonde qu'EDITH avait prise pour une polonaise nous vient droit d'Ukraine, elle est généreuse et fertile  comme sa plaine de naissance.
Elle entame tout de suite la conversation , quelques "guiness" aidant, nous apprendrons, à nos corps défendant,toute sa vie en condensé
le monsieur typé est son beau frère qui a épousé son ukrainienne de soeur, il n'a pas de chance en amour, les femmes se moquent de son grand coeur
quand elle est arrivée en belgique il l'a beaucoup soutenue et aidée dans ce pays hostile où tous les etrangers du monde devraient se donner la main
il est allé aussi en ukraine découvrir la beauté des paysages et le bon goût non frelaté des fruits et de la viande
"en YUKRAINE dit elle, les poummes sont bonnes, bio, y'a des vers dedans encore"
le poulet est elevé en campagne et il faut 3 heures pour le cuire
Edith et moi nous regardons, jusqu'où va aller la confidence, la fraternité de bistro
King kong est le jules d'Irina, l'ukrainienne, on vient de le comprendre
Irina, dans la foulée nous parle de son premier amant, un taximan marocain et comme je suis née au maroc, elle lui telephone pour qu'il puisse me parler-sans rien me demander évidemment- heureusement, il a débranché son portable, j'aurais moins de bol plus tard dans la soirée
la bière coule à flots, nous mangeons de la chèvre grillée et des bananes plantins
edith regarde la carte, elle est tentée par un 'roti de crevettes' comme elle aime bien savoir où elle va, elle appelle la serveuse pour plus d'explications, elle ne sera pas deçue
-c'est quoi le roti de crevettes
réponse avertie de la serveuse :
-des crevettes roties
il s'est averé plus tard qu'il s'agissait d'un ragout de crevettes tomaté, mais bon, on est en afrique hein
soudain un verre de perrier atterri devant edith
'c'est le monsieur la bas qui vous l'offre' dit parfait
edith tire sur le théatre de ses émotions (son joli minois) le rideau rouge et noir de ses cheveux, elle rougit et minaude comme une ado,
le monsieur en question c'est la statue nok
choquée par le manque de civilité de ces messieurs qui ne m'ont rien offert à boire à moi, elle me fait apporter la 'même chose'
Joseph opine du chef : c'est un homme donneur, pardon d'honneur
"A tout instant, il se passe quelque chose, comme dit la pub"
irina a décidé de s'épancher et nous raconte ses galères en belgique
elle travaillait en interne , chez un vieux monsieur qui un jour lui a demandé de monter dans sa chambre à coucher
"il a ouverte la tiroir et a sorti dé striiings, an noir et an blanc, il m'a dit choisir pour qué jé travaillé a minijoupe, j'ai ou por, j'ai choisi la noir, mais plou rétourné travaillé , joseph a téléphoné pour dire"
sur ce , joseph embraye sur la manière dont il a été surexploité en belgique à son arrivée,
il n'avait pas de papiers et son diplome d'informaticien obtenu en afrique ne lui a pas servi à rien, il a dû échanger du travail acharné contre le loyer de sa  chambre
chacun y est allé de sa surenchère
et irina , la larme à l'oeil est retournée à la nostalgie de son chauffeur marocain qui lui avait offert le gite à son arrivée;
à chacun son "auvergnat"
joseph a rajouté que s il n avait pas eu d'économies, il ne serait pas où il est maintenant ( chez parfait)

IRINA se fait encore servir quelques bières et devient de plus en plus encline à la confidence et à l'amour du prochain
elle se rapproche d'EDITH
et crie : "faut offrir à bouuuuaaaarrrre à elle, elle toufffe, elle touuuffe"
ce qui doit vouloir dire qu'EDITH etouffe tant elle a soif, moi je n'avais rien remarqué mais IRINA connait tous le stigmates de la soif , elle qui en est à sa nième bière
pour m'isoler un peu j'écris un message sms à mon amoureux du moment
un message plutôt .... personnel
je le passe à EDITH et lui demande si elle trouve que je peux envoyer
elle trouve le texte "parfait " si on peut dire et donc je reprends mon papier
une maladresse, le papelard valdingue sous la table , je peux le récupérer à grand peine
EDITH, dans un grand élan de générosité le refile à IRINA , lui conseillant d'envoyer la même littérature à son homme : JOSEPH L'informaticien
IRINA dans les vapeurs éthyliques n'a rien compris, mais le voisin de table , un jeune à lunettes, lui, n'a rien perdu de la conversation, il s'empare du papier
et le lis à haute voix
ca donne ceci
"mon AMOUR, point, point, point
JE TE, point, point, point.....
etc
je suis rouge de honte
EDITH se gondole  et toute la tablée suit

le bel ephèbe ne perd pas EDITH de vue
EDITH se remet du kajal
c'est toujours "l'amour qui passe chez parfait"
trop même, là même
IRINA nous bombarde de compliments
prend nos numéros de téléphone
nous trouve merveilleuses
il s'est passé un ou deux mois depuis
plus de nouvelles!

Le bel ephèbe AKA a rappelé EDITH souvent, elle a fait sa pétasse
un jour à cours d'arguments , il l'a appelée du tarmac? Il attendait le boeing présidentiel
RIEN N EST TROP BEAU POUR "EPATER LA FEMME"

Edith a décrypté qu'il avait une gigolette car un soir , AKA et elle sont allés diner, le telephone a sonné
EDITH, qui n'en perd pas une, a entendu une voix de femme énervée
version AKA : c'est mon patron, nous devons partir en hollande après le diner
 
 
 
 
 
 


09:55 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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