30/09/2005

EXCITATIONNNNNNNN MA FUTURE EXPO

Tout débute par une impulsion, un besoin de transmettre à soi, à l’autre une chaleur, un contraste, alors on pose autour de soi un cahier, une table, des doigts fébriles, une tête en branle. On gratte, on déchire, on luit, on sombre. Après quelques grasses secondes, l’horizon s’évanouit dans ces écritures sur corps, ces dessins de papier, ces planches nobles, le bois de l’âme est ’scripté’. On y voit la simplicité des éléments, la primarité des choses, puis, en grattant de son regard le plus honnête, on lit des courbes d’envies, des points de désir. Marcel Moreau délie cette pulsion "le langage est une force souterraine, donner la parole aux instincts"
Les cascades sanguines qui jouent avec les chutes de terre noire, les symboles de paix et de guerre se mélangent dans un harem de craie et de chair. Parce qu’être une racine sans terre ne fait pas grandir, Salomé puise dans les sources des mondes qu’elle a traversés. Une lamentation dans le ventre, un éclat de rire enfantin dans les dents, c’est le cri de la vie qui transpire de la toile, laquelle ici, n’est pas un rideau. La vie de Salomé est un théâtre de convives bigarrés, de comédie d’arts vivants, de symboliques bavardes et de bras molletonnés.
Assise sur les rives du Jourdain, entre une derbouka cadencée et un djembe troublant, Salomé conte les traces de soi, dessine sur les sables avec une onde d’amour, récite les Sages avec l’humble dessein d’exister en substance, en relief. Il est peu d’êtres qui allient générosité et don de voix autant que Salomé. Ses illusions naviguent sur le gué d’eaux lustrales arrosant ses origines à l’aide d’un entonnoir renversé. Rencontrez ses couleurs, c’est s’imbiber de son expérience. Une visite pédestre ne suffit pas, plutôt mettre ses mains sur son palpitant et valser, fredonner, respirer.

© Milady Renoir


« Je peins sans me soucier de technique, en rêvant à des harmonies violentes
je peins en laissant les couleurs faire échos aux mots
je peins avec tout ce que je trouve : des bouts de bois, mes doigts, des cartes de banques
je peins pour être libre de m'étaler sur du papier ou une toile en maîtresse absolue du labyrinthe des mystères
je peins pour que le songe l'emporte sur la raison
la peinture est la traduction poétique d'une langue secrète, inconnue , qui a les nostalgies de l'âme
je peins comme une nomade exilée et je touche ainsi l'espace comme si je marchais dans la rosée
il est essentiel pour moi d'aller informer mon regard ailleurs, pour mieux revenir à la lecture des grands textes, après avoir appris lentement à contempler d'autres formes d'expression.
Je ne sais plus qui avait dit "J'aurais beau répéter sang du haut en bas de la page, elle n'en sera pas tachée, ni moi blessé". Mais c'est justement ce genre de regard sur la littérature et l'innocuité apparente du maniement plastique du langage qu'il faut parvenir à contrer.
Je cite Henri Michaux : "la littérature traîne un peu derrière les arts plastiques et la philosophie, c'est peut-être qu'elle est gênée par ses formes. La lisibilité serait pour elle ce qu'est en architecture la contrainte de l'habitabilité. Pourtant je me sais quelque part anti-moderne, je sens que je peux créer quelque chose aujourd'hui, malgré tout. Que ce sera, si j'y arrive, beaucoup plus profond, beaucoup plus subversif, en ayant conservé les formes anciennes. J'aimerais bien saper tranquillement quelques bases, quelques idées reçues du langage cuit, mais à mon rythme, avec l'air de ne pas y toucher"

On a perdu l'habitude du papier, de ce toucher sensuel et puissant
de cette liberté de laisser couler l'encre sans les entraves de l'écriture pour arriver à une écriture automatique, à une expression totale du moi

Je peins sans technique, sans aucune règles, je peins comme je vis ou comme je cuisine : avec mes tripes ! »

« Je peins donc je vis » © Salomé





13:26 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

il me rend son amour je vois je lis que vous aimez aussi notre maitre à tous egon schiele
je reviendrai

Écrit par : carole | 30/09/2005

Les commentaires sont fermés.