04/04/2006

les mots pour le dire

Puisque mes yeux ont vu les lieux où tu reposes,
Puisque jamais le jour, l'étoile ni la rose
   Ne visitent un noir caveau,
   Puisque jamais l'été nouveau
Ne fait de ton sommeil naître ses fraiches tiges,
Puisque l'immensité sans âme te néglige,
   Que nul échange aérien
   Ne vient desserrer tes liens,
Puisque, malgré les chants énivrés de Lucrèce,
L'azur ne s'emplit pas des funèbres paresses,
Mon coeur avec le tien dans l'abime perdu,
Je ne remonte pas d'où l'on t'a descendu!

ANNA DE NOAILLES

16:06 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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