18/04/2006

le cauchemar de darwin, hier sur la 2

On achève bien les poissons. Le cauchemar de Darwin, sorti en salle mercredi 2 mars en France, est la dernière réalisation de l’Autrichien Hubert Sauper, qui s’était fait connaître du grand public avec Kisangani Diary’s, en suivant le périple de réfugiés rwandais au Congo. Cette fois-ci, Hubert Sauper part explorer la réalité chaotique des rives du lac Victoria en Tanzanie, où un poisson d’exportation, apporté par les Européens, a ravagé la faune et dont la production sert de monnaie d’échange contre des armes. Habilement construit, ce documentaire récompensé par plusieurs prix, s’offre comme l’allégorie d’une aberrante mondialisation où les armes transitent via Mwanza, tandis que les filets de perche partent pour l’Europe.

La « Perche du Nil » antéchrist européen du lac Victoria

Il y a encore une cinquantaine d’années, la région des Grands Lacs, riche et fertile, offrait une exceptionnelle vie sauvage faisant la fierté de ses parcs nationaux. Dans les années soixante pourtant, la « Perche du Nil » fut introduite dans le lac Victoria à titre d’expérience scientifique. Ce prédateur vorace a ravagé en quelques années tout un écosystème, en décimant peu à peu toutes les autres espèces aquatiques. De son développement rapide est apparu un commerce florissant voué dans sa totalité à l’importation européenne, alors que la population locale tente de survivre avec moins d’un euro par jour. C’est à partir de ce constat que le réalisateur autrichien rebondit sur la question d’un trafic alimenté par les Européens, qui échangent autant de tonnes d’armes et de munitions que de poisson qu’ils importent. Hubert Sauper a choisi d’illustrer ainsi toute l’aberration d’un nouvel ordre mondial darwiniste, où la loi du plus fort est toujours la meilleure.

« Le cauchemar de Darwin » est un véritable coup de force lorsque l’on songe aux conditions périlleuses dans lesquelles le projet cinématographique de Sauper (son plus long métrage jusqu’à présent) a été réalisé. Un film tourné dans une inconfortable clandestinité, nourri de patience et payé en pots de vins, puisque le documentariste et son compagnon de route ont dû cacher leur activité devant les autorités. Et pourtant la caméra porte un oeil qui a su saisir l’intimité de ces quelques « personnages », sorti de leur anonymat pour devenir le temps d’un documentaire les visages d’acteurs, témoins, ou victimes d’un cruel théâtre.

Galerie d’acteurs du réel

Ils sont aviateurs ukrainiens, prostituées tanzaniennes, ex-militaire, artiste-peintre, enfants des rues, industriels locaux, pêcheurs ou délégations institutionnelles zélées. Autant d’individus dont on connaît, le temps d’un récit, les prénoms, et qui évoluent au milieu d’une valse funèbre, celle des démons de l’Afrique : famine, VIH, massacres. La construction du Cauchemar de Darwin, qui offre intrigue et rebondissements, témoigne d’une véritable évolution dans la narration et évite de tomber dans l’écueil du simple didactisme. Le regard du cinéaste qui ne perd pas de vue l’essentielle question du trafic d’armes, réussit à s’attarder avec pudeur sur la complexité d’un cruel système, où victimes et bourreaux finissent par se confondre, au rythme de la caméra, dans un identique désespoir.

hier sur la 2 belge, "le cauchemar de darwin"

après avoir vu ça, on rit, quand les etudiants parlent de conscientisation politique à propos du cpe

les dangers de la mondialisation toûchent largement les plus pauvres

et qui s'en soucie?

qui se soucie du DARFOUR, du TCHAD, de la TANZANIE?

 

La perche du nil, introduite dans la région des grands lacs

a définitivement vidé le lac victoria de sa faune et de sa flore

 

pendant que les pecheries se remplissent les poches

les paysans meurent de faim  et se contentent des dechets de poissons que l'europe et l'asie leur donnent généreusement

 

les illyouchines viennent chargés d'armes et repartent avec des cargaisons de perche du nil : pas de petits profits

et comme a dit un pilote russe

on donne des armes aux enfants africains

et du poisson aux européens

 

c'est ça la conscience politique??

 

10:56 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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