14/06/2006

poussières et cendres

tu me regardes, magnétisé sur un frigo

dans un sourire éternel

curieuse, l'idée du frigo...

 

c'était ton seul lieu de vacances;

tu y retournais regulièrement

pour manger ton yaourt grec, te consoler d'un excès de travail

par un excès d'un autre ordre

 

en fait , nous étions du même exode

mais pas  des mêmes inquiétudes

les tiennes te retenaient  cloué

les miennes m'ont amenée à faire du hors piste

et du slalom géant

 

tu étais le symbole même de notre société

confort matériel à tous égards

mais aucun confort moral

le moteur de

ta voiture était gonflé

pas le tien

 

moi, la femme sans structure

sans armature

je me suis cassée en deux

haut et bas

comme ma vie entre crêtes et creux,

hauts et bas

jamais linéaire

 

je suis une ligne brisée

 

mais toi, au moins, tu ne souffres plus

j'ai poursuivi ma route d'un continent

à l'autre, me suis rempli les yeux, le ventre

les narines

 

tes peurs t'ont épargné de voir venir la mort

moi, je discute avec elle au quotidien

elle a déjà pris mon âme

mais elle refuse le corps

comme pour me donner une leçon

 

 

 

 

14:57 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

... I bet I could beat the death by playing with your body...

Écrit par : Gennaro | 14/06/2006

doG Encore se retourner?

Écrit par : Loth | 17/06/2006

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