10/10/2006

PHILIPPE

Toute la pièce est imprégnée de lui, de son odeur poivrée. Il vient de partir mais il est encore partout : sur le lit défait, dans la salle de bains aux allures d'apocalypse.

Mon corps est chaud, humide, douloureux et palpitant, je tends encore vers lui de tout mon être.

Il a oublié son paquet de Gitanes, comme d'hab; son échiquier l'attend : partie entamée

Il est cinq heures de l'après- midi. Le monde m'appartient puisqu'il est encore en moi...

MAI 68, les rues sont en ébullition, moi aussi!

Philippe, j'ai envie d'écrire ton nom sur les murs
Philippe : un soupir, une expiration douce
Philippe qui m'enrobe et me sculpte tour à tour

j'ai à peine 18 ans, tu en as 30 et tu me dis que tu m'aimes : tu me rends belle, tu me rends femme


J'ai envie de rester encore dans ton antre, de squater tes objets, de me fondre dans ton peignoir blanc et mousseux

Vautrée ainsi dans ton lit, j'espère ton retour pendant des heures.
Pour tromper l'ennui, j'allume la télé : Flash spécial.
Léon ZITRONE, son double menton engoncé dans un col trop serré, ses yeux de taupe
et sa bouche pincée annonce :
"On vient de retrouver Philippe MATHERION, assassiné près de la fontaine St Michel."

Philippe, mon mystère jamais élucidé
Philippe : une expiration.


18:38 Écrit par suzy dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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