06/12/2006

IKB

images

Ce sont les fascinantes profondeurs du bleu outremer de ses monochromes qui ont rendu Yves Klein célèbre. Plus exactement, ce sont les espaces immatériels créés par le bleu IKB (International Klein Blue, breveté en 1960), qui sont entrés dans la légende. Il faut dire qu’avec une personnalité hors norme de champion de judo, une carrière fulgurante et une mort prématurée à 34 ans en 1962, Klein avait tout pour devenir une icône.
Le Centre Pompidou lui rend hommage avec une exposition de toiles, films, photos… qui met en lumière la multiplicité d’un travail qui déborde la simple application de bleu et préfigure largement l’art conceptuel.
En exergue, pourrait s’afficher cette phrase : "Mes tableaux ne sont que les cendres de mes œuvres", qui résume combien Yves Klein s’est attaché à redéfinir le rôle de l’artiste et à faire œuvre de sa vie autant que de sa production.
Comédie cosmique
Outre l’IKB, il a beaucoup utilisé l’or, couleur, s’il en est, de la religiosité picturale. On sous-estime souvent l’importance pour Klein de la dimension spirituelle, voire de l’ésotérisme. Son alchimie intime prétendait pourtant transmuter "la matière en art" et, en tentant de capter les traces du vent ou du feu, entrer en communication avec les forces de la nature. Evidemment, cela peut prêter à sourire aujourd’hui…
Le découpage de l’exposition en sections fait écho à la tonalité des écrits de l’artiste, pleins de sentences absconses et grandioses. Même si ça peut agacer, il y a quelque chose de direct et d’essentiel dans les Anthropométries, comme dans toute la démarche d’un créateur qui a profondément influencé ses successeurs.
Peut-être, alors, vaut-il mieux oublier un peu le sous texte cosmique et s’attacher à des œuvres fortes et modestement à leur place dans l’univers ?

20:26 Écrit par suzy dans Actualité | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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