04/09/2007

carte postale du pays du sourire

mardi 7h du matin

 

aujourd'hui c'est jour de marché, je veux donc sortir avant les hordes de touristes!

 Il fait déja une chaleur moite, ma robe me colle à la peau. A cette heure matinale, les songtaews(taxis collectifs) sont plus que rares. Il en passe finalement un. A l'intérieur se trouvent trois jeunes femmes, elles portent toutes les 3 le même badge "trainee". Elles doivent travailler dans un de ces nids à touristes.

Elles descendent après trois arrêts et là, monte un jeune garçon qui porte un sac à dos et un curieux accoutrement : short bleu strict et chemise de fille à camaieu de fleurs bleu. Je me dis qu 'il est curieusement habillé. Il a encore les paupières lourdes d'un sommeil contrarié. Quelques arrêts plus loin, au bras d'une vieille dame à la bouche édentée rougie de bethel est accroché un petit garçon habillé de la même curieuse manière (ce doit être un uniforme scolaire).le petiot s'assoupit et la mamie le couve d'un regard protecteur. Je ne peux m empêcher de penser qu'en europe, elle serait déjà probablement "placée" dans un hospice et privée de ce  bonheur matinal, de ce beau rôle de passerelle. C'est mon tour de descendre!

je traverse une rue ponctuée de petits restos. Ca sent les égoûts, la grillade au charbon de bois, la soupe piquante, la friture... une "cacophonie" d'odeurs!

le spectacle est hallucinant: sur les étals déjà colonisés par les mouches , les têtes de cochons coupées s'alignent au dessus de sceaux remplis d'hémoglobine, des carioles passent offrant beignets et insectes frits. ici on mange à toute heure.

les marchands avalent à la hâte des repas incendiaires, quelques bonzes aux robes safranes drapées artistiquement tendent déjà leur bol

 la chaleur monte

les commerçants qui commencent leur journée prient en allumant de l'encens devant les autels, des chiens galeux attrapent au vol des restes de repas

 je traverse la rue pour me retrouver dans l artère principale, celle qui mène au marché : ici c est déjà l'effervescence : ça klaxonne, ça gesticule, ça crie, ça bouscule, les motos petaradent allègrement et les camionnettes dechargent, il y a des attroupements devant les echoppes de loterie : ici on est joueur...

pattaya, c'est un faux semblant : un sourire lisse et heureux qui masque un enfer chauffé à blanc par le sexe, l'alcool et le fric

une cité bordel où de jeunes beautés mercenaires à la peau nacrée essaient de fuir leur riziere au milieu d hommes crevant de solitude dans des pays aux cieux livides

pattaya, c'est le miroir du malaise occidental où le monde a oublié ce qu'est la vie

ici l'amour se résume à une transaction financière pour inconscients en veine de flatter un ego cisaillé

 

 

 

 

 

 

15:41 Écrit par suzy dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

Commentaires

En Islam, ces peties salopes eraient mariées. Dans la fond, des gourgunadines sont victimes du féminisme en occident. Solidarité féminine : mon cul, chacun le sien....

Écrit par : daniel lévy | 06/09/2007

Eh ben, dis donc Tu ne te souviens sûrement pas de moi : le stethoscope?
Mais pourquoi sont-ils tous si acharnés sur ton blog.
Toi qui es une perle de gentillesse.
Un bonsoir amical, Christian

Écrit par : Christian | 01/10/2007

au lever du soleil,
la brume est si dense que je ne vois pas mes pieds
puis la pluie, en cordes raides, disperse les vapeurs
et révèle le corps blanc
emballé dans un plastic.

Écrit par : n | 11/10/2007

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