20/11/2008

the vault

pantins desarticulés, êtres tous cabossés, jeunes qui trainent une jambe et un bras ou les deux, vieux troués de partout

toutes ces vies arrêtées en plein vol ou usées jusqu'à la corde s"échinent à la salle de muscu où chacune des machines est sous surveillance

un môme accidenté moto accroché à un perchoir de toile laisse pendre son corps tout dévitalisé ... il a aussi perdu la mémoire immédiate, il semble absent , évaporé dans un ailleurs lointain

sur une table de massage une jeune femme aux mains baguées et manucurées fait tant bien que mal quelques mouvements maladroits guidés par un homme en blanc

une fois sa gymnatique fini, elle essaye de s'accrocher au cou de l'homme et glisse lamentablement en arrière comme une toile cirée, un papier chiffonné

toute l'équipe vient à la rescousse et la réinstalle sur sa chaise roulante et là voilà repartie allègrement sur le seul engin qui lui répond

à côté de moi un jeune homme  qui a l'air d'avoir une rage d'enfer fait bouger en grinçant des dents sa main et son pied , il a la niaque

un accident vasculaire cerebral si jeune, c fou

elocution pateuse et jambe et bras coton

epoustouflant d'avoir encore la niaque mais il l'a, il en veut le petit...

dans le fond, je reconnais mon voisin de palier, il raconte son accident à une jeune femme qui l'écoute attentivement il est dans l'emotion, on le serait à moins:

il roulait tranquillement dans sa mercedès quand il a reçu une Porsche volante tombée du viaduc sur son vehicule

bilan perte de motricité, 9 mois d hopital

et le monsieur à la porsche qui faisait la course avec son pote est indemne

le pire, c'est Ida, on vient de la ramener de la cafeteria où elle était avec sa mère, cette femme est un legume, tout recousu, un oeil fermé et un corps en chiffon que les kines inspectent attentivement, elle a un genou si enflé qu'il a l'air prêt à l'explosion, on decide de lui mettre une "cryo"

je regarde cette scène en me disant qu'ici c est la metaphysique des tubes

mais que se passe t il dans l'intime, dans l'imaginaire de tous ces crucifiés?

Quelle force pousse donc l'homme à survivre, à s'adapter, sans refléchir à la qualité de vie qui lui reste,

quelle fulgurance peut donner à tous ces malheureux la foi dans cet enfer?

j'ai honte de penser ainsi car une femme me regarde et me sourit, elle a les bras emprisonnés dans des atèles, une trachéotomie, la tête paralysée et elle trouve encore la ressource pour sourire

 

plus que nulle part ailleurs, ici il y a le chant des âmes qui fleurit comme un lotus éclatant dans la fange

 

14:58 Écrit par suzy dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/11/2008

VENEZ LES HEURES SONT ETRANGES


N'avoir rien accompli dans cette relation alors ainsi donnée, quels troubles
et petits malaises nous ont poussé à tant de mots inutiles, ne vaut pas
pareil consentement aux questions qui restent sans réponses. Cette exigence
de lucidité ouvre tout à l'éveil, à l'importance de ne rien rater,qui de
nous voudrait regarder avec un tel regard l'oubli? Les yeux s'ouvrent,
deviennent des chevaux au galop, une âme nouvelle pour bien mieux s'égarer, monsieur chagrin
au fond de l'aube toujours vivant. Vous avez aimé mes mots 
qui donnent  de la voix et vous me voyez reconnaissante de pareil
aveu qui fait au souffle sa saveur, sa volupté et ses lendemains. Vous êtes
prince ou manant prenant le vent pour son plaisir, une main venue de
l'invisible par désir. Disponible, comme je le suis, au loin par le poids de
nos secrets. Le temps passe où s'occupent nos vies. Venez! Les heures sont
étranges.

16:55 Écrit par suzy dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

do you know

do you like the things that life is showing you
Where are you going to?
Do you know...?

Do you get
What you're hoping for
When you look behind you
There's no open door
What are you hoping for?
Do you know...?

Once we were standing still in time
Chasing the fantasies
That filled our minds
You knew how I loved you
But my spirit was free
Laughin' at the questions
That you once asked of me

Do you know where you're going to?
Do you like the things that life is showing you
Where are you going to?
Do you know...?

Now looking back at all we've planned
We let so many dreams
Just slip through our hands
Why must we wait so long
Before we'll see
How sad the answers
To those questions can be

Do you know where you're going to?
Do you like the things that life is showing you
Where are you going to?
Do you know...?

Do you get
What you're hoping for
When you look behind you
There's no open door
What are you hoping for?
Do you know...?

 

16:48 Écrit par suzy dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

02/11/2008

DEGATS DES OS(yès we canne)

ctrctr4aujourd'hui EMMY vient me chercher pour me conduire au CTR, seule planche de salut pour gérer la douleur de mon "tremblement de chairs" magnitude max

pour eviter de perdre plus de  temps- nous nous sommes un peu perdues sur la route- elle me depose delicatement devant la porte

c'est réussi, je n'ai pas vu la carte et je me suis embarquée bille en tête suivant les renseignements merdiques qui m'ont été donnés  grâce auxquels je me retrouve à tombouctou, je pleure de rage, de douleur et de decouragement quand mon telephone sonne, c est mon ange gardien arrivé avant moi et qui a même trouvé le temps de s'acheter un gouter

les jolis petits pavillons sur gazon bien entretenu laissent présager d'un hosto accueillant et moderne

la note est donnée dès l'arrivée à l'entrée du CTR ou une file de fumeurs handicapés grillent leur clope sur leur charrette d'infortune, ils ont la mine un rien patibulaire

l'intérieur du bâtiment est postsoviétique sombre et deprimant

une ravissante jeune femme en chaise et maquillée comme une voiture volée  se mire dans une glace en forme de coeur

elle a la jambe droite traversée de part en part par une solide broche "genre-la-semaine-prochaine-j'enlève le bas"

pas étonnant qu'elle ait privilégié le haut avec une telle frenesie

EMMY qui ne veut pas me laisser en reste m'installe sur une chaise roulante .Après tout ma douleur en vaut une autre

une fois les formalités effectuées on nous envoie au sous sol (metaphore oblige ) chez un jeune medecin allemand

l'ascenseur est déjà un poème

EMMY à qui rien n'échappe me fait remarquer un graffiti:preuve qu'on peut perdre ses jambes et pas son humour

autour de la marque SCHINDLER en l'occurence, quelqu'un a ajouté LA LIFT DE

Toujours prête à dégainer elle va faire une photo

on eclate de rire en coeur

assises plus tard, l'une près de l'autre, nous zieutons les affichettes au mur

elle sont involontairement matinées d'humour noir

re photo

EMMY a sorti son pic nique fromage MAIGRE AUX FRUITS ROUGES

et gaufre PUR BEURRE, ca sent bon la vie et les arômes artificiels de fruits rouges

elle trempe voluptueusement les gaufres concassées dans le fromton violine et se regale, elle est belle et genereuse comme une terre provençale

avec son nez mutin et sa queue de cheval haute, elle a l'air d une petite fille

on entend un bruit de scie electrique genre "the shinning"qui vient du fond du couloir où officie le doc

et on voit une infirmière surrealiste sortir une jambe de plâtre à la main

rayon pièces detachées , reparations en tous genres, mais dites moi donc mes soeurs où se cache l'invalide à la p... de bois?

à coté de nous, est assis un vieux monsieur turc (bien connu dans le batiment) et sa fille

il porte deux godasses differentes dont une semble à moitié vide ( ou plutot à moitié pleined'après la règle sacrée de  l'optimisme)

il y a aussi deux beaux jeunes gens qui viennent changer leur pansement (sic ,yes of course, dear , if they are here)

et oui les amis, il faut le realiser

NOUS SOMMES TOUS LEGOS DEVANT LA NATURE

 

entendu au niouzes la semaine dernière (sur tf1 bien sur)

UNE JEUNE FILLE FAIT UN PROCES AU QUICK APRES AVOIR GLISSE SUR UNE FRITE

ELLE S EST RETROUVEE PARALYSEE ET SUR UNE CHAISE

moralité : allez tous au MAC DO

13:36 Écrit par suzy dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |