23/06/2010

à MEDITER

Le bouddhisme tibétain utilise des techniques de méditation qui, pareillement à l'éveil de la kundalini, ouvrent au monde de l'ultra-perception. La préparation y est très longue puisque l'apprentissage de cette discipline de sagesse s'étale parfois sur la durée d'une vie. Sa Sainteté Tenzin Gyatso, le quatorzième Dalaï-lama, donnait son accord pour que des investigations scientifiques soient entreprises sur la physiologie des états méditatifs de certains moines tibétains. Ces recherches furent conduites par le docteur Herbert Benson, directeur du département de médecine comportementale de l'université de Harvard (Etats-Unis).

 

 

 

 

 

Il s'agissait de moines pratiquant le yoga tum-mo dans le cadre de certaines disciplines tantriques. En se concentrant sur les chakra (centres d'énergie) et les nadi (canaux d'énergie), le méditant parvient à contrôler et supprimer temporairement les niveaux de conscience les plus grossiers au profit des niveaux les plus subtils. Selon la pensée bouddhiste, il existe de nombreux niveaux de conscience, dont les plus grossiers correspondent à nos perceptions ordinaires -- toucher, vue, odorat, etc. -- et les plus subtils à ceux dont on fait l'expérience au moment de la mort. L'un des buts du tantrisme est de permettre de "faire l'expérience" de la mort, à l'approche de laquelle surviennent les réalisations spirituelles les plus puissantes.

 

Une fois supprimés les niveaux de conscience grossiers, des phénomènes physiologiques peuvent s'observer. Ses expériences ont ainsi permis au Dr Benson d'enregistrer une élévation de la température du corps pouvant atteindre 10 degrés. Ce phénomène permettait aux moines de sécher des draps trempés dans de l'eau glacée en s'en enveloppant par des températures inférieures à zéro. Le Dr Benson a par ailleurs constaté que des moines pouvaient passer toute une nuit assis nus dans la neige sans que leur corps se refroidisse. Dans ces occasions-là, ils ne respiraient plus que sept fois par minute environ et leur consommation d'oxygène diminuait d'autant

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ces extravagances physiologiques, très accessoires dans le cadre de la philosophie tantrique -- elles ne constituent pas l'objectif de de la méditation --, sont tout de même assez déconcertantes pour l'occidental. Cette école du bouddhisme, on vient de le lire, a depuis longtemps fait le lien entre l'expérience de la mort, décrite comme une expérience spirituelle fondamentale, et les EMC de nature transcendante auxquels conduit la méditation qu'elle enseigne. Une méditation qui vise en quelque sorte à éprouver au plus près le phénomène de la mort, afin de préparer le fidèle à maîtriser les modalités de cet événement le plus important de son existence. Cet initié ayant appris à " vivre sa mort" parviendra à se libérer de la roue du samsara ou, pour le moins, à choisir plus facilement une nouvelle incarnation. C'est donc dans la perspective d'une maîtrise du processus de mort/re-naissance, en accord avec la croyance réincarnationniste du bouddhisme, que s'inscrit cette forme de méditation.

Les domaines de la supra-conscience auxquels accèdent les yogis tibétains, par la pratique régulière de la méditation, semblent être de même nature que ceux auxquels les expérienceurs occidentaux, qui n'étaient pas du tout préparés à vivre ce phénomène, ont été confrontés au cours de leur EMI. L'absence d'un véritable modèle de référence, comme celui que propose le bouddhisme par exemple, a plongé ces derniers dans un océan d'interrogations auquel ni leur religion ni leur science ne les avaient préparés. Cela étant, pour l'expérienceur autant que pour le méditant bouddhiste l'existence de ce monde transphénoménal n'est pas mise en doute et représente bel et bien l'ultime réalité.

Dans l'optique d'une interprétation neurologique on peut estimer que la méditation mette progressivement au repos les circuits corticaux les plus sollicités quotidiennement, dévolus pour l'essentiel à l'analyse permanente des multiples données de la vie de relation. Alors que les circuits neuronaux plus profonds, que l'on peut qualifier de secondaires, au service de la " vie intérieure ", demeurent opérationnels. L'approfondissement de la méditation conduira ensuite, via ces circuits secondaires devenus primordiaux, à la stimulation d'aires cérébrales spécialisées dans la réception d'informations inaccessibles dans l'état ordinaire de conscience.

Cette configuration de l'activité cérébrale, dans laquelle le réseau neuronal est en grande partie inactivé, hormis les aires spécialisées auxquelles on vient de faire référence, n'est pas sans rappeler celle de certains stades du sommeil, de l'hypnose et plus encore des états de détresse extrême. La pratique des moines tibétains incite d'ailleurs à penser que leur méditation se situe bien au-delà des stades du sommeil profond, plus proches de l'état de goth défini par Lyall Watson sinon de l'hypnose profonde.

Il va sans dire que l'étude du processus hypnotique et auto-hypnotique reste un axe d'investigation susceptible de contribuer à une hypothèse physiologique de la méditation et de sa relation avec les EMI. Si, pour le moment, on ne sait pas grand chose des mécanismes physico-chimiques qui président à l'hypnose, ce phénomène n'appartient pas à la légende pour autant. Il produit des faits tangibles qui contraignent les plus sceptiques à lui reconnaître une existence et à s'intéresser de plus près à la question. D'ailleurs la question de la composante auto-hypnotique inhérente aux états méditatifs, ainsi que ses répercussions psycho-spirituelles et somatiques, va nous servir de transition avec le chapitre XX consacré à l'hypnose.

 

 

 

 

 

 

 

 

 


10:52 Écrit par suzy dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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