21/05/2012

SONATE D AUTOMNE

je te regarde te maquiller

tu as toujours le même geste

pour allonger ton oeil petillant de gitane, tu l etires avec un crayon gras noir

le trait devient de moins en moins fin

la vue baisse

aujourd hui il fait soleil sur notre banlieue

on va prendre le train pour "monter à PARIS"

 

ton petit tailleur noir, ton chapeau en feutre

tes gants et tes chaussures assorties

et ce rouge à lèvres , rouge pétant,

je te trouve pimpante, racée, comme une belle espagnole

tu as le charme fou d une pensée qui s éteind

d une vie qui se défait...

 

j ai vingt ans et je ne saurai jamais ton âge exact , ma coquette

j ai l impression que tu valses avec les fantômes de l illusion

tu as misé sur des valeurs passagères, sur ton aspect, ta beauté

et là je te sens perdue, dans une course où tu ne gagneras plus

 

sur le quai de la gare, les regards des hommes convergent sur moi

et je te sens dans la brume de tes souvenirs de fêtarde

j ai mal, je t aime

 

je prends ta  main gantée de noir dans la mienne

j entends un train partir sur le quai d en face

et le nôtre qui s annonce

 

nous sommes deux trains dont l un s approche cruellement de sa destination

tu ne m as jamais trouvée à ton goût

et là curieusement, parce que les regards mâles sont insistants

tu remontes ma frange, comme si tu me decouvrais

"degage ton visage, ma fille, tu as des yeux magnifiques"

j embrasse ta joue ridée , ta peau un peu distendue

j ai peur

 

 

 

 

 

 

20:01 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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