31/05/2012

decollage

la tête contre le hublot, je regarde la terre s eloigner

partir, partir

pour naufrager ailleurs

engouffrer sa course vers des cieux, autres

 

prisonnier du fuselage et de ma peau

j ecoute les lambeaux d histoire

s ecraser dans mon cortex

vortex

 

les astres venimeux de ma mémoire

passent et tournent

durcis à force de ne plus s entendre

 

ils fixent la terre qui s eloigne et s eloigne

attachez vos ceintures

la mienne est attachée depuis deux ans

l avion vrombit de toute sa bedaine

 

je regarde le chateau de cartes

en bas

combien de rois de coeur

se sont pétés la tronche

 

combien de reines de pique

vite le trolley, le whisky

le vin rouge saignant comme le chagrin

 

sous les paupières

la maison, en lisière du parc animalier

jungle et predation

je suis un gnou blessé

qui attend que sa lionne

vienne déchiqueter son ventre

pour le désentrailler

 

 

11:48 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/05/2012

les peaux se desincarcèrent sur lit de gazon

les visages tournés vers le ciel boivent

le soleil goulûment

un seul astre vous manque et tout est dépeuplé

 

les mômes libérés de la decerveleuse

courent en hurlant

les amoureux dorment l un sur l autre

sur des lits d infortune

 

on deballe les biscuits

on decapsule les boissons

la fête c est ici et maintenant

qui sait de quoi demain sera fait

 

les poubelles vomissent leur trop plein

un seul astre revient

et tout est surpeuplé

 

15:04 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/05/2012

VERS L AINE

j 'aime nos lumières étreintes

nos histoires d 'allumés

j aime quand tu viens me voir

la guitare sur le do

m envoyant dans les cordes

derrière les rideaux

 

qu'on parle ou qu'on silence

nos braises s'entretiennent

nos echos

chantent au soir

BRASSENS

ou bien vers l'aine

 

toi,

tout en retenue

moi tout en débordance

les mêmes essentiels

dans ces folles differences

tu declares forfait

et moi

je connivence

 

je surjoue contre joue

toi

tu fermes les yeux

le vertige nous balance

où nait la fulgurance

je te prends dans ma bouche

je goûte ta semence

 

je suis un sparadrap

sur une peau ecorchée

toi

un je ne sais quoi

un vrai maitre à panser

on fait des ricochets

 

la fée au nez mutin

et aux yeux d esquimaude

ne sy est pas trompée

on est aux antipodes

et pourtant...

 

j avais bien decidé

de me mettre à l abri

de plus jamais te voir

et je te prends

amoureux

dans un lit de hasards

 

je laisse les contes de fées

alimenter les rêves

et je sais oui je sais

qu il n existe de l amour

pas de definition

son visage est si vaste

si chargé d 'emotions

 

vouloir l emprisonner

serait bien impudent

j aime tant frissonner

de dehors, de dedans...

 

 

 

 

08:00 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/05/2012

les mains de ma mère

elle avait des petites mains carrées

toujours en mouvement

elle épluchait, epoussetait, raccommodait

et tournait les pages des livres en mouillant ses doigts

elle aimait lire, ma mère

le selection reader s digest

un truc stupide qui racontait des histoires condensées

à l américaine

çà la faisait rêver, ma mère

Elle regardait avec envie ses femmes au physique froid

sur papier glacé

elle , la brune aux yeux de braise

elle les trouvait belles, inabordables

elle aurait tant aimé leur ressembler

elle admirait leurs mains manucurées

avec des ongles démesurés

qui ressemblaient à des couples d oiseaux

elle pensait que la vaisselle ne devait pas

avoir atteint les ETATS UNIS

 

 

 

les mains de ma mère etaient crevassées,

elle n etait pas du genre à les enduire de crème

à les chouchouter en les protégeant de gants plastiques

non, elle les rudoyait à l'eau de javel,et au grésil

ce qui leur donnait une odeur bizarre

rassurante

 

comme elle ne les aimait guère, elle sortait gantée

car il y avait un tel décalage entre son visage racé aux cheveux

tirés en chignon bas et ces mains de plébeienne

parfois, elle vernissait ces petits ongles coupés ras

çà faisait tout bizarre

alors elle sortait de l armoire une bague

et s en ornait l annulaire

en tournant sa main et en l allongeant

pour qu elle paraisse plus élégante

 

ses mains lui ressemblaient

nerveuses, sautillantes et bizarrement

hors du temps

les veines étaient saillantes comme des boulevards

qui menaient à son coeur

elle les ouvrait en permanence pour donner

rarement pour prendre

 

 

 

17:37 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

couple

PERILLEUSE SYMETRIE OU L ANGOISSE DE L UN

SOLLICITE  L INSECURITE  ET L ANXIETE DE L AUTRE

07:27 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

le tour

tu tournes entre ses mains

comme une poterie

qui tour à tour

s etale comme un soufflé

ou reprend une forme fière

07:22 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/05/2012

SONATE D AUTOMNE

je te regarde te maquiller

tu as toujours le même geste

pour allonger ton oeil petillant de gitane, tu l etires avec un crayon gras noir

le trait devient de moins en moins fin

la vue baisse

aujourd hui il fait soleil sur notre banlieue

on va prendre le train pour "monter à PARIS"

 

ton petit tailleur noir, ton chapeau en feutre

tes gants et tes chaussures assorties

et ce rouge à lèvres , rouge pétant,

je te trouve pimpante, racée, comme une belle espagnole

tu as le charme fou d une pensée qui s éteind

d une vie qui se défait...

 

j ai vingt ans et je ne saurai jamais ton âge exact , ma coquette

j ai l impression que tu valses avec les fantômes de l illusion

tu as misé sur des valeurs passagères, sur ton aspect, ta beauté

et là je te sens perdue, dans une course où tu ne gagneras plus

 

sur le quai de la gare, les regards des hommes convergent sur moi

et je te sens dans la brume de tes souvenirs de fêtarde

j ai mal, je t aime

 

je prends ta  main gantée de noir dans la mienne

j entends un train partir sur le quai d en face

et le nôtre qui s annonce

 

nous sommes deux trains dont l un s approche cruellement de sa destination

tu ne m as jamais trouvée à ton goût

et là curieusement, parce que les regards mâles sont insistants

tu remontes ma frange, comme si tu me decouvrais

"degage ton visage, ma fille, tu as des yeux magnifiques"

j embrasse ta joue ridée , ta peau un peu distendue

j ai peur

 

 

 

 

 

 

20:01 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/05/2012

farce à face

je suis une folle poreuse

un crustacé sans carapace

un oiseau deplumé

une guerrière à mains nues

une colombe désemparée

deportée par le vent

les tempêtes

qui voudrait partir

à l assaut

du  soleil

et qui retombe

calcinée

en poussière de sang

12:21 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

18/05/2012

dream and bloody reality

en amour, finalement, seul compte le délire

 

je fuis ce qui me met hors de moi

et dans le même tps, j en ai la nostalgie

je recherche l harmonie et elle a vite fait de m ennuyer

j evite les crises... fatiguantes

je rêve de cet être

qui saurait à la fois

me retenir

m enflammer

et m apaiser

 

quand mon rêve s incarne

je change de rêve

on ne se tue par par amour

pour une femme"

 

ecrivait PAVESE, avant son suicide

"on se tue parce qu un amour, n importe quel amour, nous révèle

dans notre nudité, dans notre état désarmé, dans notre néant"

10:58 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

les liens...sacrés du m....e

le mariage réussi est celui où les partenaires ont réussi à devenir des amis...

ET QU EST CE QU UN AMI

LA TRAJECTOIRE EST VITE BOUCLEE

on rêvait de tout partager, de conjurer les démons, de donner enfin congé

à la maudite solitude, saulitude

 

et on se retrouve à deux, à signer  un pacte de non agression avec un inconnu

qui n a plus l attrait de l inconnu

 

ah on peut certes, briser ses chaines, le temps de se reveiller, de s apercevoir que l histoire

n est qu un eternel recommencement et qui si nous sommes esclaves de nos sens

NOUS SOMMES ENCORE PLUS ESCLAVES DU BOURREAU QUE NOTRE INCONSCIENT A CHOISI POUR NOUS

10:36 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

17/05/2012

dupe

non les bras d ORPHEE ne m emmèneront pas où j ai envie d aller

je resterai une EURYDICE morte....

13:31 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

10/05/2012

architechtures pointillées

j aime tes rires et nos pudeurs

j aime tes failles et tes douceurs

j aime ces chemins qui ne nous mènent pas à ROME

j aime nos errances et nos âmes de ROMS

le sud crache son nord qui délire

et tout le visceral s achève dans des rires

sucement obsessionnel d un muscle pour un gouffre

un jour les mots vous entaillent

Vous entraillent

déesse devenue humide et magnetique

comme une forêt de nuit

11:59 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

07/05/2012

le jour où j ai voulu comprendre

sorite des lambris, des salons des ambassades où nous etions régulièrement invités-

mon cher mari etait "le numero un" , le PDG d une boite de transports-

j etais toujours sur ma faim

l afrique vue comme çà ressemblait tant au reste du monde

 

et un jour, j ai appris qu 'il fallait payer du prix de l'inconfort la rage de decouvrir l autre

 

j ai plus appris dans les bus cabossés et bringuebalants, sur les routes cahoteuses

dans les hotels hilton fabriqués dans des conteneurs rehabilités

 que dans des cars climatisés, en pays balisés

 

les intuitions vous ramènent des butins sensoriels

forts en rutilation

12:42 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

dechirements

elle me regarde les yeux embués

la larme va couler, perler sur sa joue pèche toute rose

puis le sanglot arrive, liberatoire

t en va pas mamiiiiiie

 

ma tire est en double file

et moi aussi j ai la larme à l oeil

flash back

l ecole en couleurs

les departs vers le kenya

t en vas pas mamannn

 

merde, mais c moi qui chiale

 

 

 

09:34 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/05/2012

soyons zeureux

mais de quoi bordel???

des faits de société, de l evolution morbide

du mensonge qui nous gouverne

nous avons le choix entre la lucidité tueuse

et la mollassonne tolerance

 

se rouler dans ce qui reste de nature

et maudire à jamais l homme

qui a grignoté , pourri, merdé à jamais

son habitation

 

ah si j avais la santé

je monterais là où il n y a plus d hommes

sur les sommets enneigés

dans les seuls et rares ailleurs qui ne sont plus à sa portée cannibale

10:02 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

03/05/2012

no more

j ai digéré l idée, eu le temps de la vomir

il ne reste plus qu un arrière goût aigre dans tout mon être

 

mon coeur a fini d être monomaniaque

et tout d un coup, mes yeux regardent ailleurs

 

le mot faim, s ecrit fin

 

tristesse d une impasse qui fut un jour le boulevard du monde

tristesse des projets avortés

des lenteurs qui ont mené à plus d envie

 

le feu s est éteint, faute d être alimenté et les braises sont factices comme celle

d une fausse cheminée

11:41 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

01/05/2012

notes de lecture

"nous avons encore et toujours affaire à de tels sombreurs et à de tels culs de sac, me dis je

et je marchais rapidement contre le vent"

thomas BERNHARD, le naufragé

"je ne puis ce soir, je ne peux jamais que me coucher dans ma peau, dans ma sueur inquiète,

et ma nuit , sans adjectif"

Jean CLAUDE PIROTTE, CAVALE

 

"je m en vais voir ailleurs, si j y suis"

ERIC PIETTE, VOZ

15:07 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

à toi qui vis si loin, un cri dans le silence

je t ecris en pleurant, tu n aurais pas aimé

je t ecris n importe comment, en vrac

je n ai jamais rien lu qui m aie autant secouée

le royaume que tu sors de l ombre et que tu explores si profondément

est d une étonnante poésie

comment t est il possible de plonger si profondément dans la laideur du monde

et les ramifications sans fin de la sensation...

tu confirmes mes croyances que seule la poésie permet de transmettre la vie des regards qui autrement, serait

indescriptible

 

quelle revelation, quelle aventure illimitée

quel tourbillon

quelle danse vertigineuse sur les tombeau

 

tes ecrits me font respirer, mon être s agrandit

 

tu sais donner à la langue toute sa subtilité

mariage d un regard décalé et d un esprit libre jusqu'au total envol

 

suis bouleversée

12:30 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |