13/11/2012

mais voir un ami...

il y a eu notre première rencontre

tu m as lorgnée impitoyablement, au dessus de tes petites lunettes de stakhanoviste

et j ai su , au premier regard , que nous allions vivre quelque chose d inclassable

t avais l air d un animal blessé

la lumière semblait trop intense pour toi car je crois que tu la voyais au travers des souterrains du sommeil

 

et puis , nous avons decidé de changer d endroit

le café versailles avait ses limites

ta demarche ressemblait à une fuite interminable

tu semblais vaciller, perdu dans un abime de grisaille

 

tu m as appris le goût de la chimay bleue

ton visage accidenté ressemblait à une toundra

tu parlais, tu riais, tu buvais, tout etait dans la démesure

 

il faudra comprendre la leçon du chagrin

qu un geste suffit à écarter

il faudra comprendre le corps qui s eteint comme muni d un réostat

 

il faudra comprendre le frisson

que nous mettons chaque jour de coté

sans savoir s il annonce

ou abrège le souffle d autres vies

 

Il faudra réapprendre à aimer st gilles

 

 

22:46 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

08/11/2012

just before

tu nous attends, de pied pas tout à fait ferme

dans cette petite maison blanche

impersonnelle mais  totalement adaptée à l inconfort physique

 

je regarde ton visage

je le reconnais de moins en moins

tant il est bouffi

la demarche devient mecanique

et bizarre

tu me fais penser à un playmobile

qui ne veut rien perdre de sa superbe

 

hier toutes tes forces restantes

ont servi à m engueuler

à me donner une leçon de vie

ironie bizarre de la fin

 

 

B.

s endort dans le fauteuil

comme un chat près du poêle

je vous regarde

et me sens infiniment seule

infiniment triste

un nuage de vie qui passe

dans un ciel sombre

 

je vais finir par hair la chimay bleue

 

 

 

 

 

 

 

11:03 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

04/11/2012

sois sage ô ma ...

partout , il y a la douleur

persistante comme une pluie d automne

comme la litanie des morts

 

dans mes rêves, dans mes artères

dans l humidité des saisons

dans chacune de mes pensées

chacune de mes sensations

 

partout, il y a cette vrille

mouvement qui me precede

va et vient perpetuel

entre le monde et moi

et qui repousse les limites

de ma resistance

 

mon sismographe fonctionne

24h sur 24

et de secousse en secousse

je me lézarde un peu plus

17:53 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

habitante du désert

JE NE SUIS PAS PEULE

MAIS BIEN ISSUE DU PEUPLE PEREGRIN

JUIVE MAROCAINE

j ai navigué, à cloche coeur, d exode en exode :

PARIS CHAOS d un mois de mai

BRUXELLES LA XENOPHOBE qui ma vue me teindre en blonde

NARIOBI

DANS CE TERRIBLE KENYA

traversé de part en part par une immense cassure-cicatrice : LA VALLEE DU RIFT

j ai pris forme, lorsque, bizarrement mon corps s est brisé

comme la terre qui le portait

et que toutes mes voix se sont libérées en une sorte de CRI ULTIME

le cri sourd que l on pousse quand la camarde vous appelle

et qu on trouve bizarrement un sens à sa vie

 

le MAROC etait bien loin avec ses enfant juifs, arabes et catholique tous réunis à la marelle

dans les rues ensoleillées

mon existence s est rappelée à moi dans l eclat d une déchirure

ainsi devenue tas de chairs , à peine articulée, j ai commencé à ecouter mes rebellions intestines

j ai appris à me faire attentive à l autre, à considerer la mère, la femme, la fille que j etais

 

j ai sondé la nature violente de mes passions, de mes errances, réexaminé mes choix dans cette chambre sterile d hopital kenyan

 

je suis donc née bien tard , dans le tumulte de la douleur, dans l atmosphère lourde d un corps qui ne VEUT PAS CEDER

 

aujourd hui je laisse un espace de parole à toutes mes voix, à toutes ces femmes qui me constituent

09:51 Écrit par suzy | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |